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7 juin

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Amis du lensois normand, deux ouvrages à lire (cliquez sur l’image pour accéder au site des éditeurs) :

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Fernand Bourguignon, peintre lensois de talent

7 juin

   Il existe à Lens une école de dessin et de peinture Fernand Bourguignon installée dans l’ancien centre médico-scolaire de la rue Arthur Lamendin.

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   Mais qui était ce Fernand Bourguignon ? Sur Internet, très peu de documents nous renseignent sur cet artiste qui a pourtant laissé son nom pour la postérité.

   C’est en me procurant un ancien numéro de GAUHERIA publié en 1989 que j’ai enfin pu découvrir qui était Fernand Bourguignon.

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   Né en Belgique en 1912, il suivit son père qui travaillait dans la réfection des églises pour le diocèse de Lille. Fernand fut très jeune passionné par le dessin et suivi des cours aux Beaux-Arts de Lille. Diplôme de dessinateur en poche, il travailla dans plusieurs bureaux d’étude

   Après son service militaire, il se fit embaucher comme dessinateur par la Société des Mines de Lens où il travailla jusqu’à sa retraite en 1968. Il habitait au numéro 85 de la route de Béthune.

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  C’est surtout pendant les grèves sanglantes de 1947 que son talent fut découvert. Bourguignon dessinait les mineurs, leur famille, leur environnement …

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   En 1950, il était membre du Groupement des Artistes Indépendants de Lens lorsque fut créée l’école de dessin et de peinture. Quatre ans plus tard, Fernand Bourguignon commença à enseigner son art dans cette école, rôle qu’il joua jusqu’en 1984. Puis il devint sociétaire des salons de l’école française et des artistes français ce qui lui permit d’exposer ses œuvres plusieurs fois à Paris.

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   Les vieilles rues de Lille où il passa son enfance, les beaux paysages de la Cote d’Opale, les villages alpestres, les portraits de mineurs et bien d’autres sujets encore nous rappellent aujourd’hui le talent de ce grand artiste.

   En 1967, Fernand Bourguignon envoya au général De Gaulle un dessin représentant la façade de sa maison natale lilloise et reçut une lettre de remerciements du président de la République.

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   Le 6 juin 1985, Fernand Bourguignon décédait à Lens après un malaise cardiaque. Le 15 novembre de la même année, André Delelis et la municipalité décidaient de donner son nom à l’école municipale de dessin et de peinture.

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(Document Archives municipales de Lens)

   A la suite de cet article, le service des archives de Lens communique :  » Un particulier dont le père était ami avec Fernand BOURGUIGNON a fait don à l’école de dessin de 3 œuvres de Fernand BOURGUIGNON qui sont désormais accrochées sur les murs de l’école. »

   Voici ces trois superbes tableaux :

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Une piscine art-déco à Lens

12 mai

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   Beaucoup d’agitations actuellement sur la prochaine piscine de Lens, l’occasion de revenir sur la première piscine municipale.

   Si l’on veut voir à quoi elle ressemblait, il suffit d’aller voir celle de Bruay, c’était exactement le même.

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  C’est en effet au même architecte qu’Alfred Maës, maire de Lens et Henri Cadot, celui de Bruay ont confié la réalisation de cet espace de loisirs au tout début des années 1930 pour une population encore sous le coup des affres de la Première Guerre mondiale.

   Paul Hanote, l’architecte bruaysien, propose que cette piscine rappelle par son style les grands transatlantiques d’avant guerre dans un style art-déco, très en vogue à cette époque.

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  Sur la route de Douai, tout près du pont du même nom débute en 1932 la construction d’un espace où les larges allées de promenades ombragées entourent une belle piscine de plein-air mais protégée des vents du nord et d’ouest. Sur cette vue aérienne d’aujourd’hui, l’emplacement de la piscine.

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  L’établissement comportait trois vastes bassins dont un de forme circulaire profond de 50 centimètres pour les petits enfants. Les deux autres de 33,33 mètres sur 12,50 étaient réservés, l’un profond de deux mètres 40 aux sportifs, l’autre d’une profondeur de 95 centimètres aux cours natation.

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  De part et d’autres, des gradins pouvant accueillir 800 spectateurs, 130 cabines individuelles et quatre vestiaires permettant de recevoir jusque 300 personnes. Deux salles de réunion et deux solariums sur les terrasses complètent la construction.

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   La piscine est équipée d’un plongeoir avec trois plateformes à trois, cinq et dix mètres et de deux grandes salles de douches.

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   Mille mètres cubes d’eau sont filtrés et désinfectés chaque jour pour renouveler l’eau des bassins maintenue en permanence à 20° pour le plaisir des baigneurs lensois.

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   Malheureusement, cet ensemble, inauguré en 1934, ne durera que 10 ans. Le 11 août 1944, l’aviation anglaise bombarde Lens dans le but d’anéantir les installations ferroviaires. La piscine, pourtant située à bonne distance de l’objectif est détruite. Sur la photo de la fin des années 1940 ci-dessous, les ruines de la piscine entre les rangées de peupliers.

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   Seule, la maison servant de logement de fonction au directeur est restée intacte.

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   A la Libération, la reconstruction des équipements sportifs n’entre pas dans les priorités du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme, créé fin 1944. Le 4 juillet 1952, le Docteur Schaffner présent au MRU un projet de reconstruction d’une piscine sur le même site que la précédente mais l’Etat se refuse à le financer dans le cadre de la reconstruction d’après-guerre.

 Après bien des hésitations dues au financement et aux risques d’affaissements miniers, ce n’est que le 15 mai 1966 qu’est inaugurée la piscine olympique près de la Grande Résidence. En avril 2018, la piscine, dégradée et dangereuse, est définitivement fermée.

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  Un projet de construction d’un nouvel établissement situe la prochaine piscine de Lens du côté du stade Bollaert-Delelis. Il est peu vraisemblable qu’elle rappelle le style art-déco de la première.

 

Albert Lebrun dans les galeries de Lens

5 avr

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   Fin novembre 1939, la guerre est déclarée entre la France et l’Allemagne depuis plus d’un mois et demi. Dans les mines, les effectifs sont en baisse, les plus jeunes ont été mobilisés. Certains sont certainement devant la ligne Maginot à attendre l’arrivée des troupes allemandes, c’est la « drôle de guerre ».

   Le président Albert Lebrun décide de se rendre dans la capitale du Pays minier afin de motiver les mineurs. Pour compenser la perte d’effectif, un allongement de la journée de travail et une diminution du nombre de repos ont été instaurés.

   Le mercredi 22 novembre, le président arrive à Lens en autorail, accompagné du ministre des travaux publics Anatole de Monzie et d’autres personnalités. Il est accueilli par Maxime Bucher, directeur de la Société des mines.

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   La troupe se rend à la fosse 2 où, à dix heures, tout le monde prend place dans la cage pour descendre dans les galeries. L’occasion pour le président de rappeler son passé d’ingénieur des mines de fer de Briey (Meurthe-et-Moselle).

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   Lorsque la cage s’arrête à 250 mètres sous terre et la délégation continue à pied pour rejoindre la veine Alfred à 320 mètres où l’attendent quelques mineurs de fond « triés sur le volet ».

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   Le scénario est bien huilé. Laissons Henri Danjou, un journaliste parisien nous narrer la suite :

     « C’est le dur chemin de la mine, les chantiers d’abattage commencent au fond du trou.

     – Reconnais-tu ton visiteur ? crie un ingénieur au premier des mineurs qui apparait dans la caverne.

     – Par exemple ! dit jovialement l’homme du fond, Monsieur Lebrun ! Jamais nous n’aurions pensé que le président de la République prendrait la peine de venir nous voir !

   Sa joie se répercute au lointain dans la veine. »

   La discussion est donc cordiale voire même amicale. Lebrun félicitant les ouvriers pour l’effort de productivité accompli depuis le début du conflit et les mineurs de fond remerciant la président de les honorer par sa visite.

   Remonté au jour vers midi, le président et sa suite entament une conversation à bâtons rompus avec un autre groupe de mineurs qui, en aucun cas, ne se plaignent de leurs conditions de travail. Lebrun en profite pour les inciter à accepter en plus de « longues coupes » (allongement de la journée de travail au fond) et remercier particulièrement les mineurs polonais venus travailler dans le bassin.

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    Après la traditionnelle photo « de famille », c’est aux Grands Bureaux que se rendent le président et ses accompagnateurs. Il y salue Alfred Maës, le maire de Lens. De nouveau, il souligne l’effort des gens de la mine : bien que le nombre de mineurs ait baissé de 248 000 à 207 000 avec la mobilisation, la production annuelle est restée identique à celle de 1938 avec 47,5 millions de tonnes. Le rendement du mineur a pendant cette période augmenté de 9%. Mais la production ne suffit pas en ces temps de guerre, le président veut la porter à 60 millions de tonnes.

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   Avant du quitter Lens pour Arras, le président Lebrun incite tous le personnel des mines, directeur, ingénieurs, porions et ouvriers à « répondre à l’appel de la France en vue d’une paix juste et durable par la victoire des armées des alliés ».

A la Ville de Limoges

29 mar

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   Dans quelques jours, l’Office de Tourisme de Lens-Liévin va s’installer dans ses nouveaux locaux de la place Jean Jaurès, là où se tenait le magasin « A la ville de Limoges » ; l’occasion de revenir sur l’histoire de ce commerce.

   Emile Poincelet, né en Picardie en 1874, est ouvrier dans la faïencerie à Longwy avant de s’installer à Lens après son mariage avec Malvina, une Roubaisienne. Il fonde en 1906, l’année de la naissance de son premier enfant, un commerce de vaisselles, de faïences et de cadeaux. Le commerce se trouve sur le même trottoir que la mairie, du coté sud de la Grand’Place.

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   C’est parce que son commerce vend principalement de la porcelaine de Limoges qu’il lui donne son nom « A la Ville de Limoges ». En 1912, un peu à l’étroit dans ses locaux et parce que ce trottoir est plus ensoleillé et attire plus les promeneurs, il achète un immeuble de l’autre côté de la place. La nouvelle boutique est décorée de mosaïques en émaux de Longwy.

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   Pendant la Première Guerre mondiale, Emile Poincelet est évacuée en Belgique avec son épouse et ses cinq enfants alors que le magasin commence à recevoir les premiers obus.

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   A son retour à Lens en 1919, il trouve sa boutique, comme tous les autres édifices lensois, totalement rasée. Deux ans plus tard, le commerce est de nouveau ouvert, le nouvel immeuble, bien dans le style art-déco très à la mode en cette époque, comporte un étage supplémentaire, de quoi loger la famille de sept enfants. La façade est toujours décorée de superbes mosaïques.

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   Après le décès d’Emile Poincelet en 1935, son épouse prend sa suite mais la Seconde Guerre l’oblige à fermer boutique. Les bombardements de Lens de 1944 n’ont pas fait beaucoup de dégâts à l’immeuble et le commerce peut reprendre dès la Libération.

   En 1973, après le décès de sa mère, c’est le plus jeune des enfants Victor Poincelet, déjà vendeur d’automobiles à Lens, qui prend la suite, secondée par son épouse Christiane. Dans les années 80, le commerce est l’une des curiosités lensoises et possède une clientèle fidèle. Les arts de la table, les luminaires, les articles pour cadeaux et listes de mariage côtoient les porcelaines, faïences, meubles sur les 350 mètres carrés du magasin … Quarante fournisseurs livrent ces marchandises vendues par une dizaine d’employés aux clients qui font tinter la clochette de cuivre la porte s’ouvre.

   En 1998, Victor et Christiane prennent leur retraite. Ils ne trouvent aucun repreneur et le commerce est fermé après 92 ans d’existence.

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  Victor Poincelet, dernier exploitant, décède en juin 2009. En janvier 2010, son épouse et son fils vendent aux enchères le stock des objets entreposés à la cave puis le mobilier des chambres. Le 16 de la place Jean-Jaurès est mis en vente.

   Aujourd’hui, acheté par la communauté d’agglo Lens-Liévin, ce bel immeuble s’apprête à rouvrir ses portes pour y installer, au centre de la ville, l’Office de Tourisme Lens-Liévin.

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1919, Lens ressuscite

1 mar

   Article réalisé d’après la presse de l’époque relevée sur les sites Internet des archives du Pas-de-Calais, de Gallica (Bibliothèque Nationale de France) et d’après des informations tirées du dossier n°8 de Gauheria « La Renaissance de Lens ».

   Au début de l’année, Lens n’est encore qu’une ville morte. Quelques rares réfugiés sont rentrés, quelques ouvriers sont arrivés. Les militaires continuent de déminer, de désamorcer les nombreux obus restés dans les ruines. Ils sont ramassés avec soin et stockés dans la pâture du notaire Léon Tacquet et dans la cour de la ferme des mines de Lens, rue du Pôle Nord. De nombreux accidents dus à des explosions auront lieu au cours de l’année comme celui qui tua trois prisonniers allemands.

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   Depuis la Libération, les ruines sont visitées par des pillards. Aussitôt la Libération, le préfet a fait installer un peloton de gendarmerie dans des baraquements élevés à la hâte. En janvier, 109 personnes peu scrupuleuses sont arrêtées.

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   La première famille lensoise revenue dès décembre 1918 chez elle est celle d’Ernest Defosseux, un forgeron. Dans les ruines de son atelier, il se fait une petite place et accroche son enseigne « Au Cheval Rouge ». Le travail ne lui manque pas. Il utilise les matériaux trouvés dans les ruines : du métal bien sur mais aussi du bois, des pierres, des briques, quelques morceaux de verre ; il faut bâtir quelques toits pour ces sans-abris.

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   En janvier 1919, le service des Ponts et Chaussées du Pas-de-Calais signe une convention avec l’entreprise Boyer et Boulanger pour déblayer Lens. Sur les voies étroites, des wagonnets tirés par les locomotives Decauville ou des chevaux transportent les gravas dans le quartier du Marais rendu impropre à la culture.

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   Dans les mines de Lens, on travaille au nettoyage des carreaux de fosse. On se prépare à réparer l’appareil de production. Elie Reumaux, le président du conseil d’administration de la société, avait tout prévu pendant la guerre : du programme de remise en service à l’achat du matériel nécessaire aux réparations. Il charge le directeur Ernest Cuvelette de cette lourde tâche depuis le siège de la compagnie installé dans un baraquement qui fut le QG de l’armée anglaise lors de la Libération.

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   Peu à peu, des ouvriers chargés de la reconstruction et quelques lensois de retour chez eux s’installent en ville et où se trouvaient les corons. Des maisons de tôles, des demi-lunes offertes par les armées américaine ou anglaise sans vraiment de confort mais protégeant des intempéries sont élevées un peu partout. D’autres vivent dans les caves, la fumée s’élevant d’un tuyau perçant les ruines indique qu’il y a de la vie sous terre.

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   La voie ferrée entre Lens et Arras est rouverte le 5 février mais uniquement pour le trafic des marchandises jusqu’au début du mois de mai. Les premiers wagons porteurs de matériaux et de maisons préfabriquées arrivent au compte-goutte.

   A la même époque, Emile Basly dépose à la Banque de France 52000 francs en espèces et 7000 francs en or que des lensois réfugiés en Belgique avaient réussi, malgré les menaces, à soustraire aux perquisitions allemandes.

   Et Lens a de la visite. Le dimanche 6 avril, ce sont 45 délégués de la conférence de la Paix qui arpentent les rues au milieu des gravats.

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   A partir du 11 mai, des convois de « pèlerins-touristes » visitent Lens. Les voyages au départ de Paris sont organisés par la compagnie de Chemin de fer du Nord. Voyeurisme ou véritable solidarité ? Le 21, c’est le président de la République Raymond Poincaré qui est accueilli par 2000 lensois.

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   Au printemps, le rythme des retours s’accélère. En avril 500 lensois sont de retour, en mai 1500. En juin, Lens compte 3000 habitants. Chaque jour, à la gare provisoire arrivent une cinquantaine de réfugiés. Les premiers rares commerces ont ouvert leurs portes mais l’essentiel du ravitaillement est toujours distribué par la Croix Rouge. Le premier agriculteur est revenu. Il a amené avec lui cinq vaches.

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   En mai, un centre de secours a été ouvert dans des baraquements de la place du Cantin à l’initiative de l’Union des Femmes de France.

   La vie reprend son cours malgré les privations. Le 19 mai, Emile Basly célèbre le premier mariage d’après guerre dans un bâtiment de fortune servant de mairie installé place du Cantin. Les époux se nomment Paul Legrand et Julia De Rues. Le 9 août, autre première : dans une maison de la rue Saint-Pierre de la cité de la fosse 11 a lieu la première naissance à Lens depuis la Libération. Le bébé s’appelle René Viseux.

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  Le 22 juin, une petite réception est organisée en l’honneur du grand chimiste lensois Auguste Béhal élevé depuis le 1er février au grade de commandeur de la Légion d’Honneur.

   Quelques jours plus tard, alors que dans la galerie des Glaces du château de Versailles s’apprête à être signé le traité qui met fin définitivement à la guerre, le conseil municipal se réunit pour approuver un avant-projet du nouveau plan de la ville de Lens qui comporte la création de nouvelles artères et le déplacement de quelques unes d’autres. L’emplacement de la gare des chemins de fer du Nord est également approuvé ainsi que le remplacement des passages à niveau du chemin de fer des Mines de Lens par des ponts rue du Pôle Nord et rue de Londres.

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   Début juillet, les transports urbains reprennent entre la cité de la fosse 12 et le centre-ville. Il est organisé en « camion-automobile » par le poste militaire d’artillerie de Lens.

   Pendant cet été 1919, les cérémonies religieuses reprennent également. Le 26 août d’abord dans une chapelle provisoire Saint-Edouard sur la route de Béthune. Puis le 7 octobre, c’est dans un baraquement offert par Félix Bollaert et son épouse qu’ont lieu les offices de la paroisse Saint-Léger. Le baraquement en bois démontable a été érigé derrière les ruines de l’église, rue Diderot.

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   Au début du mois d’août, malgré de nombreuses difficultés, un bureau de poste est ouvert place de la République. 15 personnes y travaillent mais, l’administration ne leur ayant pas prévu de logement, elles dorment sur-place ou chez l’habitant. Quelques commerces ont surgi des ruines : hôtels, boucheries, boulangeries, épiceries. Le marché hebdomadaire a repris devant les ruines de l’Hôtel de ville. Lors de son ouverture, il compte 37 exposants. Il y en aura plus de 200 en octobre.

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   Et Lens se remet à chanter ! Compte tenu des circonstances, la Fête Nationale n’est fêtée que le 3 aout. Ce sont les premiers concerts, les premiers bals, le premier feu d’artifice d’après-guerre après quatre ans de silence. Le premier cinéma également, des films muets sont projetés dans une salle mise à la disposition des lensois par la Croix Rouge américaine.

  La semaine suivante, Georges Clémenceau, président du conseil des ministres, visite Lens. Il n’y était pas revenu depuis les grandes grèves de 1906. En haut des ruines de l’hôtel de ville, les habitants ont hissé un grand panneau : « Lens veut renaître ».

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   La renaissance sous toutes ses formes, même sportives. Dès le mois de mai est créée l’Union sportive du Foyer franco-américain dont l’équipe de football dispute quelques rencontres contre les équipes des régiments anglais de la région. C’est le prélude à la renaissance du Racing Club lensois. Le 15 août Lens voir passer dans ses rues, entre ses ruines, une course cycliste, « le Circuit minier du Nord-Pas-de-Calais » ouverte à tous les coureurs « français ou alliés ». Dans le café des Sports de la rue de la Gare sont prises les inscriptions pour des cours de culture physique, de lutte et de boxe anglaise. Des sociétés colombophiles, de javelot ou de tir à l’arc sont recréées.

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   Vers le 20 Aout, un lensois, Henri Dubois est arrêté pour avoir collaboré pendant la guerre au journal de propagande allemand « La Gazette des Ardennes ».

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   En septembre, ils sont 5000 lensois à vivre dans ces conditions précaires et à assister à l’inauguration de la mairie provisoire. Elle est installée sur la place du Cantin.

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   Près de là, trois baraquements de bois : l’un est la demeure d’Emile Basly. Le maire de Lens, qui vient tout juste d’être décoré de la Légion d’Honneur, n’a pas voulu de privilège, il est logé comme tous ses concitoyens.

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   Dans le même temps commencent sur un terrain de 1500 hectares communs aux communes de Lens et de Loison les travaux de construction d’une cité où seront logées 300 familles. Offerte par le gouvernement des Pays Bas aux sinistrés, ces habitations faites de bois seront montées par un architecte et un ingénieur néerlandais.

  Mais les travaux n’avancent pas. Début novembre, dans un courrier, Basly proteste auprès de Clémenceau : L’ensemble des maisons que l’on appellera « la cité hollandaise » ne sera pas disponible avant l’hiver de même que 500 autres maisons prévues être construites par la Société des mines de Lens alors que 150 familles habitent toujours dans des caves. La cause en est le manque de moyens de transport des matériaux. Basly signale également que 100 000 tonnes de charbon destinées à chauffer les lensois pendant l’hiver prochain sont, pour le même motif, bloqués à Anvers. Le maire précise qu’à Lens 70 camions et leurs chauffeurs sont immobilisés depuis plusieurs semaines parce que la ville n’a pas été ravitaillée en essence !

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   L’automne arrive et voit la première rentrée des classes à Lens depuis la Libération. Le 6 octobre, dans des classes dont la toiture n’est que de la tôle ondulée, les jeunes lensois de 6 à 13 ans vont pouvoir reprendre les cours à école Jeanne d’Arc. Viendront ensuite la réouverture des écoles Berthelot et Paul Bert. Les enfants de 4 à 6 peuvent être pris en charge dans une école maternelle, rue de Douai.

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   Le 23 octobre, la ligne du chemin de Fer des mines entre Lens et Violaines est rétablie. Elle va servir à acheminer les matériaux de reconstruction et le personnel chargé des mines logé à Pont-à-Vendin. La ligne est aussi ouverte aux voyageurs et assure un aller-retour matin et soir.

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   Le 4 octobre, jour anniversaire de la libération de Lens ainsi que le 11 novembre, un an après la signature de l’armistice, aucune manifestation n’est organisée à Lens. Il y a trop de travail pour penser à commémorer.

   Le 22 novembre, Clémenceau envoie Tardieu, ministre des régions libérées, assurer aux lensois que les moyens de transports allaient être améliorés mais il est déjà trop tard pour les rapatriés qui passeront l’hiver dans le froid.

  A la fin de mois, un hôpital est ouvert rue de l’Hospice. Il remplace le centre de secours ouvert en début d’année. Construit également avec des matériaux offerts par la Hollande, il est dirigé par le docteur Brulant.

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   Décembre arrive avec ses peines et ses joies. Le 1er décembre, Emile Basly et ses colistiers parmi lesquels Alfred Maës, Romuald Pruvost et Alfred Van Pelt sont largement réélus à la mairie de Lens. Emile Basly remporte également les élections cantonales.

   Le 4, une violente tempête sévit sur la ville. Les tôles des maisons s’envolent, les toitures de bitume sont arrachées … A l’école Jeanne d’Arc qui n’a plus de toit, les cours sont suspendus jusqu’à la fin de l’année.

   Le samedi 8 décembre, la Société des mines de Lens fête sainte Barbe pour la première fois depuis 1913. Après une messe célébrée en la chapelle Saint-Edouard, un grand banquet de 180 couverts est offert dans une salle de la centrale thermique de Vendin-le-Vieil.

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   L’année se termine en apothéose malgré les privations et le froid. Le 28 décembre, le président Poincaré est en visite dans les régions dévastées. Emile Basly lui fait arpenter les rues de la ville toujours encombrées de ruines.

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  Puis le président remet au maire les médailles de la Croix de Guerre et de la Légion d’Honneur décernées à la ville de Lens. La cérémonie se déroule devant 7000 personnes regroupées sur la place du Cantin entre les baraquements pavoisés. Ce jour là, les habitants se disent « fiers d’être lensois ».

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La route de Béthune

15 fév

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   C’est vers 1770 que les Etats d’Artois décidèrent de l’aménagement d’un grand chemin entre Lens et Béthune. Quelques années plus tard, la voirie fut pavée. Après avoir été appelée route royale de Bouchain à Calais, elle devient en 1811 la route impériale n°50. Avec la loi sur les axes routiers de 1824, elle est baptisée route nationale n°43 de Metz à Calais, nom qu’elle conservera jusqu’à la réforme de 2006 quand elle devient la route départementale 943.

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    La route de Béthune aurait pu être le site de la bataille de 1648 entre Condé et l’armée espagnole. C’est par cet itinéraire que le Prince de Condé ordonna la retraite de ses troupes lors d’un assaut des espagnols le 19 août laissant ainsi croire à la victoire pour l’archiduc de Habsbourg. Le lendemain, Condé décida de combattre dans un autre secteur de Lens et remporta la victoire qui mit fin à la guerre de 30 ans.

   Difficile de croire aujourd’hui que l’ensemble des terrains longeant la route de Béthune, qui s’étendait alors du carrefour des Grands Bureaux au Chemin Manot, appartenaient depuis la fin du 19ème siècle à une seule entreprise : la Société des Mines de Lens. La « propriété privée » s’étendait de part et d’autre de l’axe routier jusqu’à la route de La Bassée au nord-est à l’avenue Alfred Maës (avenue de Liévin alors) au sud-ouest.

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   C’est en bas de la route de Béthune, dans un quartier appelé Sainte-Elisabeth, que la Société des Mines de Lens fit creuser sa première fosse en 1852. Ce secteur devint rapidement le centre de la compagnie minière dès la seconde moitié du 19ème siècle. Outre la fosse et son chevalet, on y trouvait les services administratifs, les ateliers, un dépôt ferroviaire et les premiers corons.

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   Lors de la Première Guerre mondiale, la route de Béthune fut l’un des sites où les batailles firent rage pendant les quatre années du conflit. Les troupes allemandes, réfugiées dans Lens y creusèrent des tranchées et érigèrent des blockhaus pour repousser les troupes alliées venant de Loos (qui n’était pas encore Loos-en-Gohelle).

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   En août 1917 lors de la bataille de la côte 70, c’est sur la route de Béthune que le soldat canadien Filip Konowal réalisa les exploits qui lui valurent la croix de Victoria, la plus haute décoration de l’Empire britannique. Son travail était de dénicher les allemands cachés sous terre. Il aurait éliminé à lui seul 16 ennemis en deux jours de combats. En souvenir du soldat Konowal le 22 août 2005, une plaque a été posée sur le muret figurant l’entrée d’une tranchée derrière une borne Vauthier. La borne Vauthier, du nom du sculpteur qui la réalisa, marque l’endroit exact de la ligne de front en juillet 1918, les points extrêmes qu’attinrent les troupes allemandes avant d’être définitivement repoussées.

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   Au début des années 80, le renfoncement dans ce muret sert surtout à entreposer ordures et objets divers. En accord avec la municipalité, le site est nettoyé et rénové par les services techniques des HBNPC.

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    Tout près de là se trouve le monument aux Morts des ouvriers, employés et retraités des mines de Lens de la Première Guerre mondiale. Dans un petit square à l’entrée duquel on trouve une plaque avec ce texte : « Ce monument et ce square sont placés sous la protection des mines, des mineurs et de leurs familles » est érigé le monument où sont posées 48 plaques (neuf autres sur un muret derrière la construction). En tout 906 noms de salariés et retraités des mines de Lens, des militaires tués au combat et des victimes civiles. Ce monument a été inauguré par Félix Bollaert le 4 octobre 1925, jour anniversaire à la fois de l’arrivée des Allemands à Lens en 1914 et de la libération de la ville quatre ans plus tard.

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   Après la Grande Guerre, la ville de Lens a dû redessiner son plan d’urbanisme. Il fut établi que les routes nationales traversant la ville auraient la taille suivante : trois mètres pour les trottoirs de part et d’autre et une voie large de huit mètres au centre. Un accord du être passé avec la Société des mines de Lens, celle-ci concéda à la ville la surface nécessaire à l’élargissement de la route.

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   Du côté des Mines de Lens, débute dès 1919 les travaux qui permettront de relancer la production. En accord avec la municipalité, le quartier Sainte-Elisabeth est repensé. Une artère est créée pour permettre de rejoindre la route de Béthune au centre-ville par l’avenue du Quatre Septembre.

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   Après le pompage des galeries inondées par les Allemands et la réparation du cuvelage, la fosse 1 est remise en service en 1922. Equipée d’un chevalement en béton, elle cessera d’extraire dès 1929 mais continuera d’assurer le service et l’aérage jusqu’à sa fermeture définitive en 1960.

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   Le puits est comblé en 1971 et le chevalet est détruit le mardi 22 juillet 1986.

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   Après la Grande Guerre, des abris de fortune, des demi-lunes en tôles abritèrent les ouvriers chargés de la reconstruction des mines.

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   Dès 1920 commença la reconstruction des cités tout le long de la route. Les habitations des corons ont alors des formes architecturales bien différentes : de longues barres, des maisons groupées par deux ou par trois puis, plus tard de petites maisons individuelles de pensionnés.

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   Au début des années 80, la ville de Lens devient propriétaire des terrains de la fosse 1 appartenant à Charbonnage de France. La municipalité décide de réaménager l’ensemble du site laissé à l’abandon.

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   Ainsi, petit à petit le long de la route de Béthune s’élèveront la médiathèque Robert Cousin et un ensemble immobilier, l’Espace Bollaert avec notamment un hôtel-restaurant.

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   Au pied du chevalet, la salle des fêtes des mines de Lens est rasée et remplacée par la salle Jean Nohain.

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   De l’autre côté de la route, Félix Bollaert avait fait élever en 1920 une chapelle. Elle permettait aux fidèles de la paroisse Saint-Léger de se réunir en un lieu en attendant la reconstruction de leur église. La chapelle reçut le nom de Sainte-Elisabeth. Progressivement, elle devint le lieu de culte de la communauté polonaise de Lens. Réalisée en bois, sa vétusté, sa dangerosité obligeront ne plus y donner d’offices dès le début des années 50.

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   En juin 1965, la chapelle est rasée et les travaux de construction d’une église aux formes architecturales modernes débutent. L’église du Millenium, que beaucoup de lensois appellent encore « l’église polonaise », est consacrée par le cardinal Rubin le 16 avril 1967. Elle est inscrite depuis le 27 janvier 2014 à la liste des Monuments Historiques.

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   Sur l’esplanade, une stèle rappelle que le dimanche 18 octobre 1981 Lech Walesa, alors leader du syndicat polonais Solidarnosc, est venu à Lens . Sur le parking du stade Bollaert, devant plus de 5000 personnes, une messe fut célébrée et suivie d’un spectacle assuré par les groupes folkloriques polonais de la région.

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   Le numéro 71 de la route de Béthune a pendant de longues années abrité la gendarmerie de Lens. La maréchaussée a longtemps occupé des casernes situées sur la place verte (place de la République). En 1877, elle intègre de nouveaux locaux dans la rue de la Paix. Mais rapidement, avec l’augmentation de la population, les effectifs de gendarmerie ne correspondent plus aux besoins surtout que les nombreux conflits sociaux exigent une présence importante des forces de sécurité.

   C’est justement l’argument qu’utilise la Société des Mines de Lens pour proposer au Département d’installer la gendarmerie sur un terrain lui appartenant route de Béthune. Situé à proximité des bureaux centraux, des ateliers et pas très loin des puits de mines, il permet l’intervention rapide des gendarmes en cas de conflit.

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   Le 1er octobre 1905, les gendarmes s’installent dans les nouveaux locaux et leurs familles dans des logements construits sur place autour de la grande cour. Dès l’année suivante, les troupes envoyées par Georges Clémenceau pendant la grande grève qui suit la catastrophe dite « de Courrières » bivouaquent dans la cour de la gendarmerie.

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   Après la Grande Guerre et la destruction totale des lieux, la gendarmerie est reconstruite en 1923 au même endroit. Elle sera modernisée à plusieurs reprises jusqu’à disparition du groupement de gendarmerie de Lens à la fin du siècle dernier.

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   Juste à côté, au numéro 73 de la route de Béthune habitait une des figures des Houillères et du Racing Club de Lens, Maurice Denis. Né en 1926 à Liévin, dessinateur maquettiste aux Grands Bureaux de Lens, il fut surtout connu pour avoir été l’un des responsables du magasine des mineurs « Relais ». Il a également été commentateur des matches du RCL, créateur du journal du club « Sang et or ». Egalement peintre à ses heures, c’est lui qui a dessiné le blason du RCL en 1955. Maurice Denis est décédé en 2013 à l’âge de 87 ans. (Source Gauheria n° 86)

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   Sur le même côté un peu plus loin se trouve la rue de l’Université qui conduit à l’IUT de Lens. Jusque dans les années 80, cette artère se nommait « le Chemin Perdu » dans lequel se trouvait l’entrée du centre de formation des Houillères qui a ouvert ses portes le 14 mai 1946. L’année suivante une mine-image (reconstitution d’une véritable galerie minière) permet aux stagiaires d’être formés dans des conditions identiques au travail du fond. Le centre et la mine-image fonctionneront plus de 35 ans avant d’être fermés définitivement le 31 août 1985.

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   Le site a alors servi à construire l’IUT qui a ouvert ses portes à la rentrée 1987 pour 75 étudiants.

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   Un peu plus haut, on arrive dans la cité de la fosse 12. Sur la côté gauche, une zone d’activités légères. Elle est installée là depuis la fin de l’exploitation charbonnière et la destruction du site de la fosse 12bis. La fosse no 12 bis dite du docteur Barrois fut percée vers 1905 pour servir d’aérage à la fosse 12.

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   Son chevalet est reconstruit en béton armé après la Première Guerre mondiale. Elle est utilisée jusqu’en 1976.

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   C’est en 1984 que le chevalet est détruit et que le carreau devient une zone d’activité où sont regroupées plusieurs entreprises.

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   En face, l’avenue Saint-Edouard nous laisse entrevoir l’église de la cité de la fosse 12.

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   Quelques mètres plus loin, sur le même trottoir, de nombreux commerces. Dans les années 50, c’était un lieu de détente et d’amusements pour les jeunes lensois. Les cinémas « L’Eldorado » ou « Printania », les salles de bal « Herfaut » ou « Idéal Dancing », une salle tenue par la famille de Firmin Cerisier dont les deux filles épousèrent les joueurs professionnels du RCL Jean Lewandowski et Ladislas Smid (dit Siklo).

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   Juste avant d’entrer dans Loos-en-Gohelle, la route de Béthune traverse le carrefour Plumecocq. A gauche, le rue Léon Blum, à droite, la rue Pierre Brossolette. Longtemps ces deux rues faisaient partie du Chemin Manot, une artère qui allait de Souchez à Vendin-le-Vieil. C’est au 17ème siècle qu’elle fut créée par un certain Manot, intendant du roi Louis XIV. Pendant la guerre de Trente Ans, quelques années avant la victoire de Condé, les troupes françaises encerclèrent à plusieurs reprises la ville occupée par les Espagnols. Les armées françaises étaient cantonnées dans des camps décrivant un arc de cercle sur les hauteurs de Vendin, Lens et Liévin. Le chemin Manot permettait de relier ces garnisons entre-elles en évitant de s’approcher des remparts de la ville.

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   Enfin, après avoir laissé sur la droite les quelques commerces, il fallait auparavant passer sous le pont du chemin de fer des mines avant de quitter Lens.

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   De nos jours, la route de Béthune est toujours autant fréquentée, surtout lors des rencontres de football au stade Bollaert car elle relie directement les parkings du stade à l’autoroute A21, la rocade minière.

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La route de Lille et le Grand-Condé

3 fév

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   Au Moyen-âge, le Chemin de Lille, sur lequel sera tracée la route de Lille bien plus tard, n’était pas raccordé directement au bourg de Lens. Il fallait sortir par la Porte d’Arras et prendre vers le nord.

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   Au 18ème siècle, la jonction est faite avec la construction de la porte de Lille que l’on pourrait situer aujourd’hui sur la rue Lanoy, au croisement des rues Eugène Bar et du 14 Juillet.

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   Avant la loi du 28 juillet 1824 qui institua les routes nationales, le tronçon allant de Lens à Loison-sous-Lens faisait partie de la Route Impériale n°28 allant du Havre à Lille. En 1824, elle intègre la route Nationale 25. Depuis le 1er janvier 2006, nous sommes sur la route Départementale n° 917.

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   La route de Lille débute officiellement dès les premiers corons, au niveau de la rue Etienne Dolet.

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   Depuis le 19ème siècle, elle s’appelait « Rue de Lille » depuis la place Jean Jaurès à la limite de Loison.

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   Puis elle fut scindée on donna le nom de « Route de Lille » au-delà de la place du Cantin. De là jusque sur la place Jean Jaurès, elle conserva le nom de rue de Lille jusqu’en 1947 lordqu’elle devint la rue René Lanoy.

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   Les recensements de la population nous indiquent que dès 1861, des mineurs se sont installés sur la route de Lille près de la fosse 2 et qu’en 1886, des corons y étaient construits.

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   Pour rompre la monotonie de ces grands alignements, la Société des Mines de Lens avait orné chaque maison de motifs différents.

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   Les mineurs qui vivaient là étaient essentiellement employés à la fosse 2 dite du Grand Condé. L’avenue du même nom partant de la route de Lille permettait de rejoindre le carreau de la fosse.

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   Cette fosse fut appelée ainsi par la Société des mines de Lens car elle se situait dans le quartier du Grand Condé appelé ainsi en souvenir de la victoire du Prince de Condé sur les troupes espagnoles de Léopold de Habsbourg en 1648. C’est en cet emplacement qu’aurait été situé le campement des troupes françaises avant de donner l’assaut.

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   Un autre campement militaire exista au Grand Condé. Le notaire Léon Tacquet, gendre d’Elie Reumaux le directeur des mines de Lens, possédait au Grand Condé un grand haras. Il servit de campements en 1906 aux militaires français envoyés mater la grève des mineurs consécutive à la catastrophe des mines de la compagnie de Courrières.

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   Des 1914, ce furent au tour des troupes allemandes de s’installer dans les haras du notaire.

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   La fosse 2 fut creusée à partir de 1858 à une profondeur de 226 mètres. En 1905, la fosse 2 bis lui fut adjointe.

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   Déjà à cette époque, les corons côtoient quelques maisons individuelles sur cette route rectiligne.

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   Comme le reste de la région lensoise, la route de Lille est entièrement rasée lors de la Première Guerre mondiale.

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   Des 1919, la reconstruction débute. Il faudra attendre le début des années 20 pour voir de nouveau les alignements de corons sur la route de Lille.

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   La réfection de la route et des trottoirs viendra un peu plus tard.

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   Une fois les barres de corons franchies en direction de Loison, les maisons des mines sont construites dans un autre style : des habitations groupées par deux ou par trois.

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   Auparavant les nouveaux chevalets des fosses 2 et 2bis se sont élevés. L’un métallique, l’autre en béton armé.

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    Les fosses 2 et 2 bis cesseront leur activité en 1972. Le terrain, abandonné par les HBNPC, devint vite une friche envahie par la végétation.

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   De nos jours sur l’ancien carreau de la fosse du Grand Condé se trouvent des services techniques municipaux et la grande antenne de télécommunication visible de loin.

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   Là où se rejoignent les communes de Lens et de Loison se dressaient dès 1919 les premières habitations de la Cité Hollandaise. De petites maisons en bois offertes par le gouvernement des Pays-Bas. Elles sont importées en pièces détachées et montées sur place. Emile Basly, maire de Lens à l’époque, n’hésite pas à comparer le confort relatif de ces habitations avec la vétusté des logements provisoires mis en place par l’état français.

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   Ces maisons qui n’étaient que provisoires perdureront jusque dans les années 70. La cité sera alors rasée pour laisser place aux travaux de la rocade minière et les habitants relogés dans la cité Anne Franck toute proche.

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   A la limite entre la rue Lanoy et la route de Lille se trouve aujourd’hui une station-essence. C’était à cet endroit que le célèbre coureur cycliste lensois Maurice Garin avait installé son garage. Maurice Garin, arrivé à Lens en 1901, vainqueur du tout premier tour de France en 1903 est resté aux commandes de son commerce jusqu’à son décès à Lens le 19 février 1957.

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   Sur la gauche de la route en allant vers Lille, une église à l’architecture peu ordinaire. Elle est consacrée à saint Wulgan et à Notre-Dame des Mines. Elle a remplacé au début des années 60 la chapelle Notre-Dame des Mines construite après la Première Guerre et qui, se dégradant dangereusement, a du être détruite.

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   L’église saint Wulgan fut ouverte au culte en 1962. Sa forme circulaire, ses nombreux vitraux et sa verrière sont remarquables.

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   Chaque année, une procession était organisée dans la cité de la fosse 2 : des mineurs en tenue de travail portaient la statue de Notre-Dame des Mines, une œuvre réalisée par un mineur, Marc Montaigne, en 1935.

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   En face de l’église Saint-Wulgan, la rue Jules Guesde, dans laquelle après la Grande Guerre les mines de Lens avaient mis à la disposition des pompiers lensois 16 logements. Pour les alertes, la rue était munie d’une sirène.

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   La route de Lille arrive ensuite au niveau de l’embranchement vers Loison. Là se trouvait un passage à niveau non gardé qui protégeait une voie ferrée des mines de Lens. Après la seconde guerre, un embranchement partant de la fosse 2 du Grand-Condé rejoignait par le boulevard du Marais les entreprises riveraines du canal dont l’usine des Laminoirs.

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   Au début des années 70, la ville de Lens prend possession d’une grande maison d’ingénieur des mines au 303 de la route de Lille. Le 6 avril 1974 était inauguré dans cet édifice la Maison d’accueil Ernest Schaffner destinée à recevoir jusque 26 sans-abris de la commune. Aujourd’hui se trouve à cet emplacement l’association APSA La Boussole, une association humanitaire d’entraide sociale.

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   C’est juste après les bretelles de l’autoroute que la Route de Lille quitte Lens pour entrer sur le territoire de Loison. De la place du Cantin à l’entrée de Loison, la route de Lille reste une des artères les plus fréquentée de la région.

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L’avenue Alfred Maës

20 jan

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   Le 28 janvier 1942, le Préfet du Pas-de-Calais approuve la décision du Conseil municipal lensois de donner à l’avenue de Liévin le nom d’avenue « Alfred Maës ».

   Né à Saint Omer le 15 juillet 1875, Jacques Alfred Wilfrand MAËS est orphelin très jeune. A 13 ans, il part travailler aux mines de Lens où il est embauché à la fosse 2 d’abord puis à la fosse 11. Après son service militaire, il est réembauché à la fosse 1 « Saint Elisabeth ». Il adhère aussitôt au Vieux Syndicat d’Emile Basly et Arthur Lamendin. Il en deviendra rapidement un des leaders, délégué à la sécurité puis responsable du contentieux.

   Devenu conseiller municipal dès 1904, il est élu maire de Lens puis député du Pas-de-Calais en 1928 après le décès d’Emile Basly.

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   On retient surtout du maire de Lens la construction de l’hôpital de la route de La Bassée en 1930 et du responsable syndical la création du dispensaire de la caisse de secours des mineurs sur le boulevard Basly.

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   Maintenu maire au début de la seconde guerre mondiale, ses fonctions lui permettent de réaliser des actes de résistance, notamment falsifier avec son ami Ernest Schaffner, directeur de l’hôpital, des cartes d’identité pour les malades et blessés juifs hospitalisés.

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   Maës connait sa dernière grande grève en juin 1941 : pour protester contre les décisions des Allemands, 80% des mineurs du bassin cessent le travail. Ce sera le dernier grand événement qu’il aura vécu : il décède à Lens le 17 août 1941 après une grave maladie dans sa maison familiale, rue Anatole France. Il est inhumé dans le caveau familial du cimetière de la route de Douai.

   Au moyen âge, à l’emplacement de l’avenue Alfred Maës se trouvait le Grand chemin de Liévin à Lens (en opposition au Petit chemin de Liévin à Lens plus au sud où se trouve aujourd’hui la rue Notre-Dame de Lorette).

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   C’est en 1872 que l’ont voit apparaître le nom de « Route de Liévin » sur les fiches de recensement de la ville de Lens. Elle est composée quasiment en totalité de maisons de mineurs. Depuis une dizaine d’années, elle est traversée aux abords de Lens par la « ligne des houillères », une voie de chemin de fer qui relie Arras à Hazebrouck. Le passage à niveau est gardé par un certain Jean-Baptiste Hugot. Vers la fin du 19ème siècle, le passage à niveau est remplacé par un pont.

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   Au début du 20ème siècle, faisant partie du « Grand chemin n°58 », elle prend le nom sur le territoire de Lens de rue de la Bataille (ou rue du coron de la Bataille) en souvenir de la victoire de Condé. Ce serait en effet par cet axe que les troupes espagnoles se seraient enfuies après leur défaite en 1648 contre le prince de Condé.

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   Après la première guerre mondiale, l’artère est nommée Avenue de Liévin. Ce nom lui restera donc jusqu’en 1942.

   L’avenue Alfred Maës débute au carrefour Bollaert. Son point de départ était marqué d’un côté par le jardin public appelé aujourd’hui square Chochoy et de l’autre par l’immense garage automobile Lallain.

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  Ensuite, l’artère passe sous le pont Césarine….

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…. nommé ainsi (jamais officiellement il faut le dire) en mémoire de la tenancière d’un estaminet appelé « A l’arrêt du Tramway ».

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    Les nombreux voyageurs se désaltéraient au bar de Césarine Hennebois en attendant de prendre le Tortillard qui pouvait les emmener jusque Frévent en longeant au début de son parcours l’avenue de Liévin.

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   La rue de la Bataille, comme tout le secteur, est réduite à l’état de ruines lors de la Première Guerre mondiale.

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   Après la libération, c’est à partir de 1920 que les corons sont reconstruits.

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   Le pont Césarine est reconstruit et élargi pour supporter des voies du triage de la SNCF.

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   Un autre pont en béton armé supporte les voies du chemin de fer des mines de Lens. Il est détruit en 1992.

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   Un peu plus loin se dresse majestueusement la statue d’Emile Basly. Après le décès du maire de Lens en 1928, une souscription est ouverte pour faire ériger un monument en son honneur. Quelques années plus tard, une statue sculptée par Augustin Lesieux représentant Emile Basly dans sa célèbre posture est installée au carrefour Bollaert. Démontée et cachée des vautours allemands qui voulaient en faire fondre le bronze pendant la Seconde Guerre, elle est ensuite déplacée à la jonction de l’avenue de Liévin et la route d’Arras.

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    Pendant plusieurs centaines de mètres, l’avenue longe ces longues barres de corons.

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   Mais certaines habitations provisoires datant de l’après Seconde Guerre, de véritables taudis, perdureront jusqu’au début des années 60.

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   Beaucoup se souviennent que l’avenue a frôlé pendant des décennies les installations de la fosse 9 des mines de Lens et du stade-vélodrome Maurice Garin aujourd’hui disparus dans le cadre de l’arrivée du Louvre-Lens.

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   L’avenue Alfred Maës continue ensuite son chemin vers Liévin en jetant un coup d’œil à la jolie devanture art-déco du temple de l’église évangélique baptiste et en passant devant les écoles privées Sainte-Thérése et du Sacré-Cœur.

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   Juste avant d’arriver à Liévin, l’avenue flirte avec les petites maisons Camus de la cité du 9bis. A la fin des années 50, pour répondre à la pénurie de logements, les Houillères construisent pour les retraités ces maisonnettes selon le procédé « Camus » du nom de l’ingénieur qui a créé le principe. Les « Camus » dits bas comme celles de cette cité sont construites à partir de 1959.

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   Aujourd’hui, l’avenue Alfred Maës est empruntée autant pas les habitués que par les nombreux touristes qui viennent à Lens visiter le musée du Louvre-Lens.

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La rue Edouard Bollaert

14 jan

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   La rue Edouard Bollaert reçu ce nom après le décès du tout premier agent général de la Société des mines de Lens. Edouard Jacques François Bollaert, né le 26 décembre 1813 à Bailleul (59), est le gendre d’Amé Tilloy et le neveu de Jules Castelyn, de riches industriels lillois co-fondateurs et actionnaires de la compagnie minière lensoise.

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   En 1856, quatre ans après la constitution de l’entreprise, il est nommé agent général, c’est-à-dire directeur de la société. Edouard Bollaert fait beaucoup pour la prospérité de la société minière : sous sa gouvernance, la compagnie passera de 299 ouvriers pour une production de 62 000 tonnes en 1856 à plus de 10 000 ouvriers et 2 700 000 tonnes de houilles en 1896.

   Mais il est aussi celui qui réprime les grèves et punit les meneurs avec une grande sévérité en faisant appel à la troupe, en licenciant sur le champ les grévistes et en les chassant ainsi que leur famille de leur logement : après la grève de 1893, ce ne sont pas moins de 600 familles qui sont expulsées des corons.

   Edouard Bollaert décède d’une congestion pulmonaire le 7 janvier 1898 à l’âge de 85 ans alors qu’il est toujours en activité.

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   Le maire de Lens Eugène Courtin qui est aussi son ami et actionnaire de la compagnie houillère de Liévin, approuve la proposition de la Société des mines de Lens de donner son nom à la rue où se trouvent les bureaux centraux des mines.

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   Cette rue est tracée sur une partie qui, au 18ème siècle, s’appelait le Grand chemin d’Arras à Lille. Faisant partie du Faubourg Saint-Laurent, elle était limitée au nord à la jonction des chemins de Béthune et de La Bassée et au sud par le croisement avec le Grand chemin d’Arras et le Chemin de Lens à Liévin. Sur cette carte, on remarque (en vert) la construction qui abritait les tous premiers bureaux de la compagnie minière, un ancien relais-poste.

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   Dans la seconde moitié du 19ème siècle, les mines de Lens deviennent propriétaires de tout le secteur. Au nord, on y perce la fosse 1 Sainte-Elisabeth. Au sud, la fosse 4 sera mise en service en 1864.

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   Le relais-poste étant trop étroit pour une entreprise se développant aussi rapidement, des grands bureaux sont construits au nord de la rue.

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   Ils seront agrandis dès le début du 20ème siècle. Deux étages et le doublement de la surface au sol en font un bâtiment remarquable. L’ancien relais poste deviendra la demeure du l’Agent général, donc d’Edouard Bollaert.

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   Plus tard, la grande propriété laissera place aux pépinières de la compagnie puis, après la seconde guerre, au jardin public (appelé un temps les jardins de la Pépinière).

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   Lors des grèves de 1906 qui ont fait suite à la catastrophe des mines de Courrières, c’est dans cette maison que l’épouse et la bonne d’Elie Reumaux, successeur d’Edouard Bollaert comme directeur de la Société, ont été agressées par les anarchistes sympathisants de Benoit Brouchoux.

   Derrière les nouveaux Grands bureaux sont installés les ateliers de la compagnie qui emploie de nombreux ouvriers et ouvrières.

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  La rue est traversée par deux voies ferrées. Au nord, celle de la ligne Lens-Violaines (exploitée dès 1853 mais qui ne sera ouverte au transport des voyageurs que le 29 juillet 1883) nécessite la construction près de la fosse 1 d’un dépôt des machines puis plus tard d’une gare pour les voyageurs. Au sud, la voie qui traverse la rue permet de rejoindre e réseau ferré minier à la gare de Lens des chemins de fer du Nord.

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   En janvier 1915, un obus tombe et explose dans la salle des archives des Grands bureaux déclenchant un incendie qui détruira le bâtiment. Les bombardements qui suivirent jusqu’en 1918 achevèrent de rendre le secteur à l’état de ruines.

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   Avant la première guerre, la route d’Arras est dans le prolongement direct de la rue Bollaert.

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    Lors de la reconstruction, certains itinéraires sont modifiés après un accord entre la ville et la compagnie minière. Afin de laisser la place à l’agrandissement du triage de la SNCF, l’origine de la route d’Arras est déviée vers l’ouest et la route de Liévin. Dans le même accord, les passages à niveau sont supprimés. C’est ainsi que naissent le pont Césarine sur l’avenue de Liévin et celui de la rue Bollaert.

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   A la fin des années 1920, les Grands Bureaux seront reconstruits plus au nord de la rue Edouard Bollaert, sur la côte Saint-Laurent.

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   A l’emplacement des anciens grands bureaux et des ateliers sont édifiées des habitations pour les directeurs et ingénieurs dans un secteur que les mineurs nommeront « la vallée des rois ».

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   En 1926 sera construite la nouvelle gare Sainte-Elisabeth : une magnifique architecture à colombages bien dans le style art-déco des années 20.

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   Cette gare a un temps abrité des services de la mairie de Lens en attendant la reconstruction de l’Hôtel de Ville. Elle disparaîtra en 1984 après que Charbonnages de France l’ai vendue à une société immobilière qui la fera abattre pour construire à sa place des immeubles.

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   Dans la rue Bollaert se trouvaient le magasin principal de la coopérative des mines de Lens. Lors du bombardement du 11 août 1944, le personnel de ce commerce, en tentant de rejoindre un abri, fut fauché par une bombe. 18 employés dont 16 jeunes femmes périrent ce jour là.

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   Aujourd’hui, la rue Bollaert, encadrée par le carrefour des Grands Bureaux et le rond-point Bollaert n’est plus qu’un axe de circulation desservi par peu de commerces. Elle ne retrouve un peu d’animation que lorsque des matches de football sont organisés au stade qui porta le nom de Félix Bollaert (le fils d’Edouard) avant de devenir depuis quelques années le stade Bollaert-Delelis.

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