A la Ville de Limoges

29 mar

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   Dans quelques jours, l’Office de Tourisme de Lens-Liévin va s’installer dans ses nouveaux locaux de la place Jean Jaurès, là où se tenait le magasin « A la ville de Limoges » ; l’occasion de revenir sur l’histoire de ce commerce.

   Emile Poincelet, né en Picardie en 1874, est ouvrier dans la faïencerie à Longwy avant de s’installer à Lens après son mariage avec Malvina, une Roubaisienne. Il fonde en 1906, l’année de la naissance de son premier enfant, un commerce de vaisselles, de faïences et de cadeaux. Le commerce se trouve sur le même trottoir que la mairie, du coté sud de la Grand’Place.

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   C’est parce que son commerce vend principalement de la porcelaine de Limoges qu’il lui donne son nom « A la Ville de Limoges ». En 1912, un peu à l’étroit dans ses locaux et parce que ce trottoir est plus ensoleillé et attire plus les promeneurs, il achète un immeuble de l’autre côté de la place. La nouvelle boutique est décorée de mosaïques en émaux de Longwy.

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   Pendant la Première Guerre mondiale, Emile Poincelet est évacuée en Belgique avec son épouse et ses cinq enfants alors que le magasin commence à recevoir les premiers obus.

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   A son retour à Lens en 1919, il trouve sa boutique, comme tous les autres édifices lensois, totalement rasée. Deux ans plus tard, le commerce est de nouveau ouvert, le nouvel immeuble, bien dans le style art-déco très à la mode en cette époque, comporte un étage supplémentaire, de quoi loger la famille de sept enfants. La façade est toujours décorée de superbes mosaïques.

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   Après le décès d’Emile Poincelet en 1935, son épouse prend sa suite mais la Seconde Guerre l’oblige à fermer boutique. Les bombardements de Lens de 1944 n’ont pas fait beaucoup de dégâts à l’immeuble et le commerce peut reprendre dès la Libération.

   En 1973, après le décès de sa mère, c’est le plus jeune des enfants Victor Poincelet, déjà vendeur d’automobiles à Lens, qui prend la suite, secondée par son épouse Christiane. Dans les années 80, le commerce est l’une des curiosités lensoises et possède une clientèle fidèle. Les arts de la table, les luminaires, les articles pour cadeaux et listes de mariage côtoient les porcelaines, faïences, meubles sur les 350 mètres carrés du magasin … Quarante fournisseurs livrent ces marchandises vendues par une dizaine d’employés aux clients qui font tinter la clochette de cuivre la porte s’ouvre.

   En 1998, Victor et Christiane prennent leur retraite. Ils ne trouvent aucun repreneur et le commerce est fermé après 92 ans d’existence.

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  Victor Poincelet, dernier exploitant, décède en juin 2009. En janvier 2010, son épouse et son fils vendent aux enchères le stock des objets entreposés à la cave puis le mobilier des chambres. Le 16 de la place Jean-Jaurès est mis en vente.

   Aujourd’hui, acheté par la communauté d’agglo Lens-Liévin, ce bel immeuble s’apprête à rouvrir ses portes pour y installer, au centre de la ville, l’Office de Tourisme Lens-Liévin.

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Une réponse à “A la Ville de Limoges”

  1. RICHARD DELEBARRE 29 mars 2019 à 16 h 47 min #

    Une nouvelle fois merci de cette évocation – A titres professionnel et personnel j’ai beaucoup de souvenirs avec la Maison POINCELET – Merci R.D -

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