Albert Lebrun dans les galeries de Lens

5 avr

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   Fin novembre 1939, la guerre est déclarée entre la France et l’Allemagne depuis plus d’un mois et demi. Dans les mines, les effectifs sont en baisse, les plus jeunes ont été mobilisés. Certains sont certainement devant la ligne Maginot à attendre l’arrivée des troupes allemandes, c’est la « drôle de guerre ».

   Le président Albert Lebrun décide de se rendre dans la capitale du Pays minier afin de motiver les mineurs. Pour compenser la perte d’effectif, un allongement de la journée de travail et une diminution du nombre de repos ont été instaurés.

   Le mercredi 22 novembre, le président arrive à Lens en autorail, accompagné du ministre des travaux publics Anatole de Monzie et d’autres personnalités. Il est accueilli par Maxime Bucher, directeur de la Société des mines.

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   La troupe se rend à la fosse 2 où, à dix heures, tout le monde prend place dans la cage pour descendre dans les galeries. L’occasion pour le président de rappeler son passé d’ingénieur des mines de fer de Briey (Meurthe-et-Moselle).

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   Lorsque la cage s’arrête à 250 mètres sous terre et la délégation continue à pied pour rejoindre la veine Alfred à 320 mètres où l’attendent quelques mineurs de fond « triés sur le volet ».

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   Le scénario est bien huilé. Laissons Henri Danjou, un journaliste parisien nous narrer la suite :

     « C’est le dur chemin de la mine, les chantiers d’abattage commencent au fond du trou.

     – Reconnais-tu ton visiteur ? crie un ingénieur au premier des mineurs qui apparait dans la caverne.

     – Par exemple ! dit jovialement l’homme du fond, Monsieur Lebrun ! Jamais nous n’aurions pensé que le président de la République prendrait la peine de venir nous voir !

   Sa joie se répercute au lointain dans la veine. »

   La discussion est donc cordiale voire même amicale. Lebrun félicitant les ouvriers pour l’effort de productivité accompli depuis le début du conflit et les mineurs de fond remerciant la président de les honorer par sa visite.

   Remonté au jour vers midi, le président et sa suite entament une conversation à bâtons rompus avec un autre groupe de mineurs qui, en aucun cas, ne se plaignent de leurs conditions de travail. Lebrun en profite pour les inciter à accepter en plus de « longues coupes » (allongement de la journée de travail au fond) et remercier particulièrement les mineurs polonais venus travailler dans le bassin.

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    Après la traditionnelle photo « de famille », c’est aux Grands Bureaux que se rendent le président et ses accompagnateurs. Il y salue Alfred Maës, le maire de Lens. De nouveau, il souligne l’effort des gens de la mine : bien que le nombre de mineurs ait baissé de 248 000 à 207 000 avec la mobilisation, la production annuelle est restée identique à celle de 1938 avec 47,5 millions de tonnes. Le rendement du mineur a pendant cette période augmenté de 9%. Mais la production ne suffit pas en ces temps de guerre, le président veut la porter à 60 millions de tonnes.

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   Avant du quitter Lens pour Arras, le président Lebrun incite tous le personnel des mines, directeur, ingénieurs, porions et ouvriers à « répondre à l’appel de la France en vue d’une paix juste et durable par la victoire des armées des alliés ».

Une réponse à “Albert Lebrun dans les galeries de Lens”

  1. michel 5 avril 2019 à 18 h 03 min #

    Ils doivent ^tre de plus en plus ceux qui peuvent se « rappeler » ce cet « évènement »

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