11 ET 12 JUIN 1905, LENS EST EN FÊTE

3 mai

   Le dimanche 11 juin, Lens se prépare à deux jours de festivités voulus par Emile Basly, maire de puis 5 ans.

   L’un de vœux de Basly est que les mineurs et leur famille puissent apprécier des moments de bonheur après des jours et des jours de labeur et de misère.

   En ces deux jours de Pentecôte, il a décidé d’organiser une grande fête pour tous en regroupant un festival de gymnastique et les inaugurations de la Maison des Associations et du monument à la gloire de Guislain Decrombecque, ancien maire de Lens et cultivateur mondialement reconnu.

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   Au petit matin du dimanche 11 juin, le ciel ne semble pas vouloir faire la fête avec les Lensois. Des ondées viennent balayer les rues de la ville pavoisées de drapeaux tricolores.

   A la gare arrivent de nombreux voyageurs de toute la région et pour lesquels la Compagnie des Chemins de fer du Nord a offert des billets à moitié prix. On attend près de 100 000 personnes dans les rues de Lens.

   Dans la rue de la Gare, un arc de triomphe a été dressé à la gloire des ministres de l’Agriculture et de l’Instruction civique attendus demain lundi.

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   Sur la place de la République, les concours de la seizième fête fédérale de ma Gymnastique sont organisés sous des trombes d’eau. Les athlètes participent aux épreuves sur des estrades rendues glissantes. La pluie a finalement raison des épreuves : les spectateurs quittent les tribunes et se réfugient dans les bars et estaminets où les boissons chaudes sont les bienvenues. Les gymnastes rentrent dans les vestiaires installés dans les écoles pour se réchauffer et faire sécher leurs tenues en vue du défilé de l’après-midi.

   A midi le soleil revient. Les terrasses des cafés se remplissent. Quelques camelots apostrophent les clients et leur proposent quelque marchandises.

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   A trois heures de l’après midi, trompettes et clairons résonnent un peu partout pour appeler au rassemblement des athlètes pour le grand défilé des sociétés de gymnastique.

   Emmenés par la Fanfare Ouvrière Municipale, celle de la cité d’Avion et l’Harmonie des Enfants de la Plaine, le défilé part de la rue de Douai puis arpente la rue Diderot, la Grande-Place, le boulevard des Écoles et revient par la rue Thiers jusqu’à la place de la Gare. Les gymnastes défilent entre une double haies de spectateurs massés tout le long du parcours. Ils sont plus de 2000 à être venus de tout le Nord-Pas-de-Calais mais aussi de Belgique.

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   A quatre heures, tous ces athlètes se retrouvent sue la place de la République où, cette fois devant un nombreux public, ils exécutèrent des mouvements d’ensemble parfaitement exécutés.

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   Ensuite, Monsieur Mesplomb, président de l’association de Gymnastique lensoise « La Génératrice », dirige la présentation des drapeaux des sociétés.

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  Après un court discours d’Émile Basly, on repris là où ils en étaient les concours qui n’avaient pu se terminer le matin à cause de la pluie. La place fut animée jusque sept heures du soir puisque les spectateurs pouvaient écouter les concerts interprétés sur le kiosque tout près.

  Le temps de dîner et les lensois se retrouvent sur la Grande-Place où à neuf heures commence la fête de nuit avec concours de ballets, présentation de tableaux vivants et concerts de chorales présentés par une cinquantaine de troupes.

   Le lundi, dès 6h30, le sportifs ont rendez-vous sur la place de la République. Les lèves-tôt pourront assister à des épreuves sportives : courses, présentation artistique, lutte et saut à la perche.

  Avant 11h00, la foule et les autorités, Émile Basly en tête se rassemblent sur la place de la Gare. La place est surveillée par la gendarmerie car un groupuscule anarchiste a menacé de perturber les cérémonies pour protester contre l’inauguration du monument à la gloire de Guislain Decrombecque qu’il décrit comme un exploiteur du peuple et du monde du travail.

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   Mais aucun trouble ne se produit à l’arrivée des ministres par le train de 11h00. Accueillis par la municipalité au complet, Messieurs Bienvenu-Martin, ministre de l’Instruction Civile et Ruau pour l’Agriculture suivent le cortège qui se rend à pied à l’Hôtel de Ville au milieu d’une haie d’honneur constituée des sportifs des sociétés de gymnastique. Devant eux, les gendarmes à cheval et les sociétés musicales de la commune et les sapeurs-pompiers.

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   A la mairie, les autorités se rangent dans la tribune officielle pour assister au défilé de 65 sociétés locales.

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   Puis tout ce beau monde se rend sur la place du Cantin. Là, Joseph Ruau procède à l’inauguration du monument Decrombecque, œuvre du sculpteur anzinois Corneille Theunissen sur des croquis de l’architecte Prosper Bobin de Montigny-en-Artois.

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   Un ménestrel, M. Guillement accompagné de 800 exécutants interprète une cantate en l’honneur du « Défricheur de la plaine de Lens » avant les traditionnels discours du ministre et du maire de Lens.

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  Le cortège reprend ensuite le chemin de l’Hôtel de Ville où les ministres reçoivent les fonctionnaires et corps constitués avant de remettre nombre de médailles et décorations. Une manifestation qui est rapidement expédiée puisqu’à 14h00 précises, on se retrouve sur le boulevard des Écoles pour l’inauguration de la Maison des Associations.

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  Le programme est encore chargé pour les ministres et leur suite. Après un banquet de 450 convives offert aux membres du gouvernement, les autorités se rendent dès 16h00 à la Caisse d’Épargne sur la place de la République où Eugène Courtin, ancien maire de Lens et président de la Caisse d’Épargne fait visiter les installations.

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   Étant sur place, les ministres assistent à quelques démonstrations de gymnastique.

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   Malgré le temps toujours très humide, les tribunes sont mieux garnies que la veille.

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   A 17h30, le groupe ministériel se remet en route pour trois visites express : l’hospice de Lens, les installations de la ferme Decrombecque où ils sont accueillis par Monsieur Hugo, gendre du grand cultivateur. Leur journée continuent avec une visite dans les corons des fosse 11 et 12 commentée par M. Léonard Danel, président du Conseil d’administration de la Société des Mines de Lens. Les ministres sont ensuite reconduits à la gare où ils reprennent l’express de 19h00 pour Paris.

   Pendant ce temps, la fête continue. Les Lensois peuvent écouter un concert joué sur la Grande-Place par les fanfares des mines de Noeux, de Courrières de Liévin et la Grande Fanfare des Mines de Lens.

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   Puis, à la Maison des Associations, Émile Basly et ses adjoints remettent les récompenses aux lauréats du concours de gymnastique. La fête se terminera le soir à partir de neuf heures avec un autre concert gratuit donné sur le kiosque de la place de la République.

   Deux jours de fête dont se souviendrons longtemps les Lensoises et les Lensois.

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