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Alfred Van Pelt, ce n’est pas qu’une avenue

26 mai

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   Alfred Van Pelt est né à Lens le 23 février 1867 dans la rue de la Porte d’Arras. Son père Jean-Henry est un immigré belge venu travailler dans les mines de Lens.

   Contrairement à la majorité des fils de mineurs à l’époque, Alfred ne travaillera jamais à la mine. Il suit ses études à l’école Condorcet de Lens et devient clerc de notaire. Il se fait embaucher dans l’étude de Maître Le Gentil.

   Le 6 octobre 1889 naît sa fille Alice qu’il a eu avec la demoiselle Maria Caquant qu’il épouse le 30 juin 1890.

   Quelques mois plus tard, il est incorporé au régiment d’Infanterie de Maubeuge dont il est libéré en juillet 1891 après la naissance de sa deuxième fille Andrée.

   En 1899, il prend la présidence de l’Amicale des Anciens Élèves de l’école Condorcet de Lens.

   En 1889, après la Seconde Internationale Socialiste, il rejoint Emile Basly avec qui il se fait élire le 7 mai 1900 conseiller municipal sur une liste qui devance celle d’Eugène Courtin, le maire sortant conservateur. Il amorce sa carrière d’élu municipal qui durera 31 ans.

   En 1903, Alfred Van Pelt s’installe route d’Arras où il ouvre un estaminet au nom de son épouse. En tant que membre de la commission des fêtes, il organise par exemple la ducasse annuelle de la cité de la fosse 4 et notamment les concours de tir à l’arc.

   Membre également de la commission des finances municipales, il s’oppose néanmoins à Emile Basly sur certains points. Ainsi, il vote contre le projet de la municipalité de supprimer les processions religieuses en ville et aussi contre celui de n’accorder une subvention qu’à la seule Fanfare Ouvrière municipale alors qu’il existe à Lens une autre fanfare, celle des Enfants de la Plaine créée par la municipalité précédente.

   Ces différents n’alternent en rien ses relations amicales avec Emile Basly qui fait de lui l’un de ses adjoints dès 1908. Il occupera jusqu’à sa mort le poste d’adjoint aux finances.

   En 1914, Van Pelt est mobilisé et rejoint le ministère des armées à Paris. Ce qui lui sauvera la vie, car le 12 octobre 1915, un obus tombe sur l’estaminet de la route d’Arras, son épouse et sa belle-mère sont tuées.

   En 1917, il retrouve Basly rentré de son exode à Paris et fait partie du Conseil municipal provisoire de Lens qui se réunit rue de Hanovre.

   Dès la Libération de Lens en 1918, Van Pelt revient dans sa ville. Il reprend son métier de clerc de notaire dans le cabinet Cavet et Cambier. Le 13 août 1921, il épouse en secondes noces Louise Petit.

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Van Pelt, Maës et Basly lors de l’inauguration de la gare de Lens en 1927

   Très actif dans la vie municipale, il assure en plus les missions d’administrateur de l’hôpital, de juge de paix suppléant. Après la Première Guerre, il est le directeur du contentieux général municipal. À ce titre, il gère avec les propriétaires les modifications au cadastre dans le cadre du nouveau plan d’urbanisme lors de la reconstruction de la ville.

   Après le décès d’Emile Basly en 1928, Van Pelt conserve son poste d’adjoint au maire auprès d’Alfred Maës.

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Lors de l’enterrement d’Emile Basly, Van Pelt et Maës auprès du cercueil

   En 1929, il est réélu au Conseil municipal. Ce sera son dernier mandat. Il décède le 6 août 1931 à l’âge de 64 ans. Il repose au cimetière de la route de Douai.

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   Quelques mois plus tard, la municipalité d’Alfred Maës décide de débaptiser la rue de la Gare prolongée pour lui donner le nom d’avenue Alfred Van Pelt.

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Jean Wattiau, un lensois champion de France.

7 mai

   Le 2 novembre 1968, la ville de Lens invitait les habitants à assister à l’inauguration d’un nouveau complexe sportif dans la cité du 11, le stade Jean Wattiau.

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   Mais qui était ce fameux Jean Wattiau ?

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   Il m’a été impossible de retrouver traces de sa naissance, je pense qu’il est né pendant la Première Guerre mondiale. A Lens, il y avait au moins une famille du nom de Wattiau avant la conflit mais rien ne dit qu’il en faisait partie.

   Jean Wattiau est licencié au club des Cheminots de Lens dans la section Athlétisme. Il remporte de nombreuses courses régionales et est plusieurs fois sacré champion du Nord tant sur piste qu’en cross-country.

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   En 1935, les Championnats de France ont eu lieu les 6 et 7 juillet au Stade olympique Yves-du-Manoir de Colombes.

   Wattiau s’aligne sur le 10 000 mètres. A mi-course, cinq coureurs sont détachés du reste du groupe. Au 7ème kilomètre, Wattiau se hisse en tête et accélère le rythme. 1000 mètres plus loin, ils ne sont plus que deux. Le rythme imposé par le Lensois est si soutenu que son adversaire, un dénommé Rérolle abandonne.

   Wattiau remporte la course en 32 minutes et 26 secondes devant le Marseillais Marius Jatteaux (à plus de 10 secondes) et le Parisien Eugène Lamarque.

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   A la suite de cette victoire, il est sélectionné dans l’équipe de France pour les Championnat d’Europe de Londres où, aligné sur le 3 miles qui n’est pas sa spécialité, il termine quatrième.

   La victoire de 1935 sera son seul titre de champion de France. En 1937, il est deuxième du 10 000 mètres derrière le Rochelais André Sicard.

   Wattiau se spécialise dans le cross-country. Dans cette spécialité, il remporte de nombreuses épreuves et fait partie des tous meilleurs crossmen français.

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   Il est sélectionné à de nombreuses reprises dans l’équipe de France pour laquelle il termine cinquième en 1938 à Belfast.Il sera aussi dans celle qui sera championne d’Europe par équipes le 1er avril 1939 à Cardiff mais son abandon le privera du titre.

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   En 1938, Wattiau se marie, il quitte le club des Cheminots de Lens pour Lambersart. Sous ses nouvelles couleurs, il est troisième des championnat de France de cross en 1938 et deuxième de la zone occupée en 1940.

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J. Wattiau sous ses nouvelles couleurs de Lambersart

   Ce sera sa dernière course. Dès le début de la Seconde Guerre, le coureur est mobilisé puis fait prisonnier et déporté en Allemagne.

   En 1945, il est libéré et revient à Roubaix où il ne retrouve pas sa maison détruite par les bombardements. La dépression le gagne et à la fin du mois d’octobre, l’ancien champion Lensois se suicide en s’asphyxiant au gaz.

   Dans la seconde moitié des années 60, la municipalité lensoise emmenée par André Delelis décide de la création d’un nouveau complexe sportif dans la cité du 11. Il portera le nom du seul Lensois  encore à ce jour sacré un jour champion de France d’athlétisme.

   Le stade Jean Wattiau lors de sa construction : 

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Edmond BUYCK, lensois, coureur à pied et poilu de la Grande Guerre

10 nov

   Edmond Buyck est né à Roubaix le 26 octobre 1889 10 heures. Il est le fils d’Edmond Buck, menuisier dans cette ville, rue Pierre de Roubaix et d’Emmerie Tytgat, ménagère.

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   Au début du 20ème siècle, on retrouve la famille à Lens, rue Bayard.

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La rue Bayard à Lens au début du 20ème siècle

   Edmond fils s’intéresse à la course à pied. Il fait ses débuts dans le Club pédestre lensois créé par Jules Van den Weghe (qui fut par la suite le premier président du Racing Club lensois).

   Spécialiste du cross-country et des épreuves longue distance, Edmond Buyck obtient d’excellents résultats régionaux. Ce coureur d’un mètre 63 pour 55 kilos passe alors sous le giron de François Descamps, le professeur de gymnastique qui découvrit Georges Carpentier.

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   Son nom est cité dans la presse régionale. Il se fait remarquer au tout début du siècle dans la course Lille-Roubaix-Lille où il termine second derrière Rohart, le grand champion roubaisien de l’époque puis remporte ou se signale dans les courses pédestres comme à Avion ou Béthune.

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   A cette époque, aucun championnat n’était organisé dans le Pas de Calais et chaque coureur pouvait se déclarer champion départemental. François Descamps qui n’était pas à court d’idées, décida de lancer un défi aux autres coureurs dans une course Lens-Arras et retour. Ainsi, Edmond Buyck, en remportant cette épreuve, pouvait s’enorgueillir d’être le meilleur crossman du département.

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   C’est avec ce titre qu’il se présente en 1909 au « Tour de Paris » organisé par le journal l’Auto ». Cette épreuve, créée deux ans plus tôt est le véritable championnat de France de marathon puisqu’elle se déroule sur 42, 194 kilomètres. Le départ et l’arrivée ont lieu avenue de Suffren au pied de la grande roue (construite en 1900 à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris).

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   Pour sa première participation, il termine 5ème. Les journalistes sportifs de l’époque lui prévoient un bel avenir dans la course à pied.

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   En 1909, il termine au pied du podium, ce qui l’encourage à se réinscrire l’année suivante. Cette fois, il n’est que septième bien qu’ayant réussi à parcourir l’épreuve dans un temps inférieur de 4 minutes par rapport à l’année précédente.

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   Mais l’homme semble têtu et continue de lancer des défis comme celui qu’il propose à Jean Missant pour le titre de champion du Pas-de-Calais. Buyck est battu et perd son titre. Les résultats ne sont plus ceux escomptés. En 1911, il descend de la catégorie « Elite » en première catégorie. On le voit de moins en moins sur les parcours pédestres et ne il dispute plus que quelques courses locales.

1912

   Il faut dire que le 3 août 1911, Edmond Buyck est appelé sous les drapeaux. Il est affecté au 13ème régiment d’artillerie à Vincennes. La compétition, c’est terminé pour lui. Libéré le 26 septembre 1912 avec un certificat de bonne conduite, il est rappelé lors de la mobilisation générale du 1er août 1914. Il fait alors partie du 13ème régiment d’artillerie basé à Issoire qui prend position à Raon-l’Etape.

   Il sera décoré de la Croix de Guerre, étoile de bronze pour acte de bravoure avec cette citation : « Excellent soldat… sous un violent bombardement le 1er mai 1916, a continué à faire tirer sa pièce avec la plus grande précision ».

   Le 3 juin 1916, il est promu brigadier puis maréchal des logis le 10 mars 1917. En juin, il est mis en sursis aux mines de Blanzy (Saône-et-Loire). C’est la loi Dalbiez qui visait à rendre des bras à l’économie du pays, qui permit à certains soldats d’être affectés à l’industrie. Ils étaient placés en sursis d’appel mais toujours rattachés à leur régiment.

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   Le 28 avril 1919, Buyck est libéré et, on ne sait pour quelle raison, se retire à Ticapampa, un centre minier du Pérou. En juillet 1922, il revient en France et s’installe dans la région parisienne.

   Le 2 juin 1925, il se marie à Paris avec Célestine Borgne. On n’entendra plus parlé d’Edmond Buyck jusqu’à son décès le 24 décembre 1970 à l’âge de 81 ans.

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Fernand Bourguignon, peintre lensois de talent

7 juin

   Il existe à Lens une école de dessin et de peinture Fernand Bourguignon installée dans l’ancien centre médico-scolaire de la rue Arthur Lamendin.

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   Mais qui était ce Fernand Bourguignon ? Sur Internet, très peu de documents nous renseignent sur cet artiste qui a pourtant laissé son nom pour la postérité.

   C’est en me procurant un ancien numéro de GAUHERIA publié en 1989 que j’ai enfin pu découvrir qui était Fernand Bourguignon.

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   Né en Belgique en 1912, il suivit son père qui travaillait dans la réfection des églises pour le diocèse de Lille. Fernand fut très jeune passionné par le dessin et suivi des cours aux Beaux-Arts de Lille. Diplôme de dessinateur en poche, il travailla dans plusieurs bureaux d’étude

   Après son service militaire, il se fit embaucher comme dessinateur par la Société des Mines de Lens où il travailla jusqu’à sa retraite en 1968. Il habitait au numéro 85 de la route de Béthune.

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  C’est surtout pendant les grèves sanglantes de 1947 que son talent fut découvert. Bourguignon dessinait les mineurs, leur famille, leur environnement …

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   En 1950, il était membre du Groupement des Artistes Indépendants de Lens lorsque fut créée l’école de dessin et de peinture. Quatre ans plus tard, Fernand Bourguignon commença à enseigner son art dans cette école, rôle qu’il joua jusqu’en 1984. Puis il devint sociétaire des salons de l’école française et des artistes français ce qui lui permit d’exposer ses œuvres plusieurs fois à Paris.

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   Les vieilles rues de Lille où il passa son enfance, les beaux paysages de la Cote d’Opale, les villages alpestres, les portraits de mineurs et bien d’autres sujets encore nous rappellent aujourd’hui le talent de ce grand artiste.

   En 1967, Fernand Bourguignon envoya au général De Gaulle un dessin représentant la façade de sa maison natale lilloise et reçut une lettre de remerciements du président de la République.

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   Le 6 juin 1985, Fernand Bourguignon décédait à Lens après un malaise cardiaque. Le 15 novembre de la même année, André Delelis et la municipalité décidaient de donner son nom à l’école municipale de dessin et de peinture.

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(Document Archives municipales de Lens)

   A la suite de cet article, le service des archives de Lens communique :  » Un particulier dont le père était ami avec Fernand BOURGUIGNON a fait don à l’école de dessin de 3 œuvres de Fernand BOURGUIGNON qui sont désormais accrochées sur les murs de l’école. »

   Voici ces trois superbes tableaux :

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Albert Lebrun dans les galeries de Lens

5 avr

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   Fin novembre 1939, la guerre est déclarée entre la France et l’Allemagne depuis plus d’un mois et demi. Dans les mines, les effectifs sont en baisse, les plus jeunes ont été mobilisés. Certains sont certainement devant la ligne Maginot à attendre l’arrivée des troupes allemandes, c’est la « drôle de guerre ».

   Le président Albert Lebrun décide de se rendre dans la capitale du Pays minier afin de motiver les mineurs. Pour compenser la perte d’effectif, un allongement de la journée de travail et une diminution du nombre de repos ont été instaurés.

   Le mercredi 22 novembre, le président arrive à Lens en autorail, accompagné du ministre des travaux publics Anatole de Monzie et d’autres personnalités. Il est accueilli par Maxime Bucher, directeur de la Société des mines.

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   La troupe se rend à la fosse 2 où, à dix heures, tout le monde prend place dans la cage pour descendre dans les galeries. L’occasion pour le président de rappeler son passé d’ingénieur des mines de fer de Briey (Meurthe-et-Moselle).

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   Lorsque la cage s’arrête à 250 mètres sous terre et la délégation continue à pied pour rejoindre la veine Alfred à 320 mètres où l’attendent quelques mineurs de fond « triés sur le volet ».

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   Le scénario est bien huilé. Laissons Henri Danjou, un journaliste parisien nous narrer la suite :

     « C’est le dur chemin de la mine, les chantiers d’abattage commencent au fond du trou.

     – Reconnais-tu ton visiteur ? crie un ingénieur au premier des mineurs qui apparait dans la caverne.

     – Par exemple ! dit jovialement l’homme du fond, Monsieur Lebrun ! Jamais nous n’aurions pensé que le président de la République prendrait la peine de venir nous voir !

   Sa joie se répercute au lointain dans la veine. »

   La discussion est donc cordiale voire même amicale. Lebrun félicitant les ouvriers pour l’effort de productivité accompli depuis le début du conflit et les mineurs de fond remerciant la président de les honorer par sa visite.

   Remonté au jour vers midi, le président et sa suite entament une conversation à bâtons rompus avec un autre groupe de mineurs qui, en aucun cas, ne se plaignent de leurs conditions de travail. Lebrun en profite pour les inciter à accepter en plus de « longues coupes » (allongement de la journée de travail au fond) et remercier particulièrement les mineurs polonais venus travailler dans le bassin.

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    Après la traditionnelle photo « de famille », c’est aux Grands Bureaux que se rendent le président et ses accompagnateurs. Il y salue Alfred Maës, le maire de Lens. De nouveau, il souligne l’effort des gens de la mine : bien que le nombre de mineurs ait baissé de 248 000 à 207 000 avec la mobilisation, la production annuelle est restée identique à celle de 1938 avec 47,5 millions de tonnes. Le rendement du mineur a pendant cette période augmenté de 9%. Mais la production ne suffit pas en ces temps de guerre, le président veut la porter à 60 millions de tonnes.

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   Avant du quitter Lens pour Arras, le président Lebrun incite tous le personnel des mines, directeur, ingénieurs, porions et ouvriers à « répondre à l’appel de la France en vue d’une paix juste et durable par la victoire des armées des alliés ».

La rue Edouard Bollaert

14 jan

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   La rue Edouard Bollaert reçu ce nom après le décès du tout premier agent général de la Société des mines de Lens. Edouard Jacques François Bollaert, né le 26 décembre 1813 à Bailleul (59), est le gendre d’Amé Tilloy et le neveu de Jules Castelyn, de riches industriels lillois co-fondateurs et actionnaires de la compagnie minière lensoise.

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   En 1856, quatre ans après la constitution de l’entreprise, il est nommé agent général, c’est-à-dire directeur de la société. Edouard Bollaert fait beaucoup pour la prospérité de la société minière : sous sa gouvernance, la compagnie passera de 299 ouvriers pour une production de 62 000 tonnes en 1856 à plus de 10 000 ouvriers et 2 700 000 tonnes de houilles en 1896.

   Mais il est aussi celui qui réprime les grèves et punit les meneurs avec une grande sévérité en faisant appel à la troupe, en licenciant sur le champ les grévistes et en les chassant ainsi que leur famille de leur logement : après la grève de 1893, ce ne sont pas moins de 600 familles qui sont expulsées des corons.

   Edouard Bollaert décède d’une congestion pulmonaire le 7 janvier 1898 à l’âge de 85 ans alors qu’il est toujours en activité.

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   Le maire de Lens Eugène Courtin qui est aussi son ami et actionnaire de la compagnie houillère de Liévin, approuve la proposition de la Société des mines de Lens de donner son nom à la rue où se trouvent les bureaux centraux des mines.

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   Cette rue est tracée sur une partie qui, au 18ème siècle, s’appelait le Grand chemin d’Arras à Lille. Faisant partie du Faubourg Saint-Laurent, elle était limitée au nord à la jonction des chemins de Béthune et de La Bassée et au sud par le croisement avec le Grand chemin d’Arras et le Chemin de Lens à Liévin. Sur cette carte, on remarque (en vert) la construction qui abritait les tous premiers bureaux de la compagnie minière, un ancien relais-poste.

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   Dans la seconde moitié du 19ème siècle, les mines de Lens deviennent propriétaires de tout le secteur. Au nord, on y perce la fosse 1 Sainte-Elisabeth. Au sud, la fosse 4 sera mise en service en 1864.

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   Le relais-poste étant trop étroit pour une entreprise se développant aussi rapidement, des grands bureaux sont construits au nord de la rue.

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   Ils seront agrandis dès le début du 20ème siècle. Deux étages et le doublement de la surface au sol en font un bâtiment remarquable. L’ancien relais poste deviendra la demeure du l’Agent général, donc d’Edouard Bollaert.

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   Plus tard, la grande propriété laissera place aux pépinières de la compagnie puis, après la seconde guerre, au jardin public (appelé un temps les jardins de la Pépinière).

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   Lors des grèves de 1906 qui ont fait suite à la catastrophe des mines de Courrières, c’est dans cette maison que l’épouse et la bonne d’Elie Reumaux, successeur d’Edouard Bollaert comme directeur de la Société, ont été agressées par les anarchistes sympathisants de Benoit Brouchoux.

   Derrière les nouveaux Grands bureaux sont installés les ateliers de la compagnie qui emploie de nombreux ouvriers et ouvrières.

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  La rue est traversée par deux voies ferrées. Au nord, celle de la ligne Lens-Violaines (exploitée dès 1853 mais qui ne sera ouverte au transport des voyageurs que le 29 juillet 1883) nécessite la construction près de la fosse 1 d’un dépôt des machines puis plus tard d’une gare pour les voyageurs. Au sud, la voie qui traverse la rue permet de rejoindre e réseau ferré minier à la gare de Lens des chemins de fer du Nord.

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   En janvier 1915, un obus tombe et explose dans la salle des archives des Grands bureaux déclenchant un incendie qui détruira le bâtiment. Les bombardements qui suivirent jusqu’en 1918 achevèrent de rendre le secteur à l’état de ruines.

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   Avant la première guerre, la route d’Arras est dans le prolongement direct de la rue Bollaert.

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    Lors de la reconstruction, certains itinéraires sont modifiés après un accord entre la ville et la compagnie minière. Afin de laisser la place à l’agrandissement du triage de la SNCF, l’origine de la route d’Arras est déviée vers l’ouest et la route de Liévin. Dans le même accord, les passages à niveau sont supprimés. C’est ainsi que naissent le pont Césarine sur l’avenue de Liévin et celui de la rue Bollaert.

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   A la fin des années 1920, les Grands Bureaux seront reconstruits plus au nord de la rue Edouard Bollaert, sur la côte Saint-Laurent.

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   A l’emplacement des anciens grands bureaux et des ateliers sont édifiées des habitations pour les directeurs et ingénieurs dans un secteur que les mineurs nommeront « la vallée des rois ».

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   En 1926 sera construite la nouvelle gare Sainte-Elisabeth : une magnifique architecture à colombages bien dans le style art-déco des années 20.

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   Cette gare a un temps abrité des services de la mairie de Lens en attendant la reconstruction de l’Hôtel de Ville. Elle disparaîtra en 1984 après que Charbonnages de France l’ai vendue à une société immobilière qui la fera abattre pour construire à sa place des immeubles.

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   Dans la rue Bollaert se trouvaient le magasin principal de la coopérative des mines de Lens. Lors du bombardement du 11 août 1944, le personnel de ce commerce, en tentant de rejoindre un abri, fut fauché par une bombe. 18 employés dont 16 jeunes femmes périrent ce jour là.

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   Aujourd’hui, la rue Bollaert, encadrée par le carrefour des Grands Bureaux et le rond-point Bollaert n’est plus qu’un axe de circulation desservi par peu de commerces. Elle ne retrouve un peu d’animation que lorsque des matches de football sont organisés au stade qui porta le nom de Félix Bollaert (le fils d’Edouard) avant de devenir depuis quelques années le stade Bollaert-Delelis.

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