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La route de Béthune

15 fév

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   C’est vers 1770 que les Etats d’Artois décidèrent de l’aménagement d’un grand chemin entre Lens et Béthune. Quelques années plus tard, la voirie fut pavée. Après avoir été appelée route royale de Bouchain à Calais, elle devient en 1811 la route impériale n°50. Avec la loi sur les axes routiers de 1824, elle est baptisée route nationale n°43 de Metz à Calais, nom qu’elle conservera jusqu’à la réforme de 2006 quand elle devient la route départementale 943.

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    La route de Béthune aurait pu être le site de la bataille de 1648 entre Condé et l’armée espagnole. C’est par cet itinéraire que le Prince de Condé ordonna la retraite de ses troupes lors d’un assaut des espagnols le 19 août laissant ainsi croire à la victoire pour l’archiduc de Habsbourg. Le lendemain, Condé décida de combattre dans un autre secteur de Lens et remporta la victoire qui mit fin à la guerre de 30 ans.

   Difficile de croire aujourd’hui que l’ensemble des terrains longeant la route de Béthune, qui s’étendait alors du carrefour des Grands Bureaux au Chemin Manot, appartenaient depuis la fin du 19ème siècle à une seule entreprise : la Société des Mines de Lens. La « propriété privée » s’étendait de part et d’autre de l’axe routier jusqu’à la route de La Bassée au nord-est à l’avenue Alfred Maës (avenue de Liévin alors) au sud-ouest.

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   C’est en bas de la route de Béthune, dans un quartier appelé Sainte-Elisabeth, que la Société des Mines de Lens fit creuser sa première fosse en 1852. Ce secteur devint rapidement le centre de la compagnie minière dès la seconde moitié du 19ème siècle. Outre la fosse et son chevalet, on y trouvait les services administratifs, les ateliers, un dépôt ferroviaire et les premiers corons.

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   Lors de la Première Guerre mondiale, la route de Béthune fut l’un des sites où les batailles firent rage pendant les quatre années du conflit. Les troupes allemandes, réfugiées dans Lens y creusèrent des tranchées et érigèrent des blockhaus pour repousser les troupes alliées venant de Loos (qui n’était pas encore Loos-en-Gohelle).

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   En août 1917 lors de la bataille de la côte 70, c’est sur la route de Béthune que le soldat canadien Filip Konowal réalisa les exploits qui lui valurent la croix de Victoria, la plus haute décoration de l’Empire britannique. Son travail était de dénicher les allemands cachés sous terre. Il aurait éliminé à lui seul 16 ennemis en deux jours de combats. En souvenir du soldat Konowal le 22 août 2005, une plaque a été posée sur le muret figurant l’entrée d’une tranchée derrière une borne Vauthier. La borne Vauthier, du nom du sculpteur qui la réalisa, marque l’endroit exact de la ligne de front en juillet 1918, les points extrêmes qu’attinrent les troupes allemandes avant d’être définitivement repoussées.

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   Au début des années 80, le renfoncement dans ce muret sert surtout à entreposer ordures et objets divers. En accord avec la municipalité, le site est nettoyé et rénové par les services techniques des HBNPC.

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    Tout près de là se trouve le monument aux Morts des ouvriers, employés et retraités des mines de Lens de la Première Guerre mondiale. Dans un petit square à l’entrée duquel on trouve une plaque avec ce texte : « Ce monument et ce square sont placés sous la protection des mines, des mineurs et de leurs familles » est érigé le monument où sont posées 48 plaques (neuf autres sur un muret derrière la construction). En tout 906 noms de salariés et retraités des mines de Lens, des militaires tués au combat et des victimes civiles. Ce monument a été inauguré par Félix Bollaert le 4 octobre 1925, jour anniversaire à la fois de l’arrivée des Allemands à Lens en 1914 et de la libération de la ville quatre ans plus tard.

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   Après la Grande Guerre, la ville de Lens a dû redessiner son plan d’urbanisme. Il fut établi que les routes nationales traversant la ville auraient la taille suivante : trois mètres pour les trottoirs de part et d’autre et une voie large de huit mètres au centre. Un accord du être passé avec la Société des mines de Lens, celle-ci concéda à la ville la surface nécessaire à l’élargissement de la route.

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   Du côté des Mines de Lens, débute dès 1919 les travaux qui permettront de relancer la production. En accord avec la municipalité, le quartier Sainte-Elisabeth est repensé. Une artère est créée pour permettre de rejoindre la route de Béthune au centre-ville par l’avenue du Quatre Septembre.

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   Après le pompage des galeries inondées par les Allemands et la réparation du cuvelage, la fosse 1 est remise en service en 1922. Equipée d’un chevalement en béton, elle cessera d’extraire dès 1929 mais continuera d’assurer le service et l’aérage jusqu’à sa fermeture définitive en 1960.

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   Le puits est comblé en 1971 et le chevalet est détruit le mardi 22 juillet 1986.

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   Après la Grande Guerre, des abris de fortune, des demi-lunes en tôles abritèrent les ouvriers chargés de la reconstruction des mines.

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   Dès 1920 commença la reconstruction des cités tout le long de la route. Les habitations des corons ont alors des formes architecturales bien différentes : de longues barres, des maisons groupées par deux ou par trois puis, plus tard de petites maisons individuelles de pensionnés.

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   Au début des années 80, la ville de Lens devient propriétaire des terrains de la fosse 1 appartenant à Charbonnage de France. La municipalité décide de réaménager l’ensemble du site laissé à l’abandon.

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   Ainsi, petit à petit le long de la route de Béthune s’élèveront la médiathèque Robert Cousin et un ensemble immobilier, l’Espace Bollaert avec notamment un hôtel-restaurant.

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   Au pied du chevalet, la salle des fêtes des mines de Lens est rasée et remplacée par la salle Jean Nohain.

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   De l’autre côté de la route, Félix Bollaert avait fait élever en 1920 une chapelle. Elle permettait aux fidèles de la paroisse Saint-Léger de se réunir en un lieu en attendant la reconstruction de leur église. La chapelle reçut le nom de Sainte-Elisabeth. Progressivement, elle devint le lieu de culte de la communauté polonaise de Lens. Réalisée en bois, sa vétusté, sa dangerosité obligeront ne plus y donner d’offices dès le début des années 50.

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   En juin 1965, la chapelle est rasée et les travaux de construction d’une église aux formes architecturales modernes débutent. L’église du Millenium, que beaucoup de lensois appellent encore « l’église polonaise », est consacrée par le cardinal Rubin le 16 avril 1967. Elle est inscrite depuis le 27 janvier 2014 à la liste des Monuments Historiques.

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   Sur l’esplanade, une stèle rappelle que le dimanche 18 octobre 1981 Lech Walesa, alors leader du syndicat polonais Solidarnosc, est venu à Lens . Sur le parking du stade Bollaert, devant plus de 5000 personnes, une messe fut célébrée et suivie d’un spectacle assuré par les groupes folkloriques polonais de la région.

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   Le numéro 71 de la route de Béthune a pendant de longues années abrité la gendarmerie de Lens. La maréchaussée a longtemps occupé des casernes situées sur la place verte (place de la République). En 1877, elle intègre de nouveaux locaux dans la rue de la Paix. Mais rapidement, avec l’augmentation de la population, les effectifs de gendarmerie ne correspondent plus aux besoins surtout que les nombreux conflits sociaux exigent une présence importante des forces de sécurité.

   C’est justement l’argument qu’utilise la Société des Mines de Lens pour proposer au Département d’installer la gendarmerie sur un terrain lui appartenant route de Béthune. Situé à proximité des bureaux centraux, des ateliers et pas très loin des puits de mines, il permet l’intervention rapide des gendarmes en cas de conflit.

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   Le 1er octobre 1905, les gendarmes s’installent dans les nouveaux locaux et leurs familles dans des logements construits sur place autour de la grande cour. Dès l’année suivante, les troupes envoyées par Georges Clémenceau pendant la grande grève qui suit la catastrophe dite « de Courrières » bivouaquent dans la cour de la gendarmerie.

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   Après la Grande Guerre et la destruction totale des lieux, la gendarmerie est reconstruite en 1923 au même endroit. Elle sera modernisée à plusieurs reprises jusqu’à disparition du groupement de gendarmerie de Lens à la fin du siècle dernier.

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   Juste à côté, au numéro 73 de la route de Béthune habitait une des figures des Houillères et du Racing Club de Lens, Maurice Denis. Né en 1926 à Liévin, dessinateur maquettiste aux Grands Bureaux de Lens, il fut surtout connu pour avoir été l’un des responsables du magasine des mineurs « Relais ». Il a également été commentateur des matches du RCL, créateur du journal du club « Sang et or ». Egalement peintre à ses heures, c’est lui qui a dessiné le blason du RCL en 1955. Maurice Denis est décédé en 2013 à l’âge de 87 ans. (Source Gauheria n° 86)

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   Sur le même côté un peu plus loin se trouve la rue de l’Université qui conduit à l’IUT de Lens. Jusque dans les années 80, cette artère se nommait « le Chemin Perdu » dans lequel se trouvait l’entrée du centre de formation des Houillères qui a ouvert ses portes le 14 mai 1946. L’année suivante une mine-image (reconstitution d’une véritable galerie minière) permet aux stagiaires d’être formés dans des conditions identiques au travail du fond. Le centre et la mine-image fonctionneront plus de 35 ans avant d’être fermés définitivement le 31 août 1985.

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   Le site a alors servi à construire l’IUT qui a ouvert ses portes à la rentrée 1987 pour 75 étudiants.

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   Un peu plus haut, on arrive dans la cité de la fosse 12. Sur la côté gauche, une zone d’activités légères. Elle est installée là depuis la fin de l’exploitation charbonnière et la destruction du site de la fosse 12bis. La fosse no 12 bis dite du docteur Barrois fut percée vers 1905 pour servir d’aérage à la fosse 12.

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   Son chevalet est reconstruit en béton armé après la Première Guerre mondiale. Elle est utilisée jusqu’en 1976.

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   C’est en 1984 que le chevalet est détruit et que le carreau devient une zone d’activité où sont regroupées plusieurs entreprises.

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   En face, l’avenue Saint-Edouard nous laisse entrevoir l’église de la cité de la fosse 12.

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   Quelques mètres plus loin, sur le même trottoir, de nombreux commerces. Dans les années 50, c’était un lieu de détente et d’amusements pour les jeunes lensois. Les cinémas « L’Eldorado » ou « Printania », les salles de bal « Herfaut » ou « Idéal Dancing », une salle tenue par la famille de Firmin Cerisier dont les deux filles épousèrent les joueurs professionnels du RCL Jean Lewandowski et Ladislas Smid (dit Siklo).

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   Juste avant d’entrer dans Loos-en-Gohelle, la route de Béthune traverse le carrefour Plumecocq. A gauche, le rue Léon Blum, à droite, la rue Pierre Brossolette. Longtemps ces deux rues faisaient partie du Chemin Manot, une artère qui allait de Souchez à Vendin-le-Vieil. C’est au 17ème siècle qu’elle fut créée par un certain Manot, intendant du roi Louis XIV. Pendant la guerre de Trente Ans, quelques années avant la victoire de Condé, les troupes françaises encerclèrent à plusieurs reprises la ville occupée par les Espagnols. Les armées françaises étaient cantonnées dans des camps décrivant un arc de cercle sur les hauteurs de Vendin, Lens et Liévin. Le chemin Manot permettait de relier ces garnisons entre-elles en évitant de s’approcher des remparts de la ville.

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   Enfin, après avoir laissé sur la droite les quelques commerces, il fallait auparavant passer sous le pont du chemin de fer des mines avant de quitter Lens.

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   De nos jours, la route de Béthune est toujours autant fréquentée, surtout lors des rencontres de football au stade Bollaert car elle relie directement les parkings du stade à l’autoroute A21, la rocade minière.

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L’avenue Alfred Maës

20 jan

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   Le 28 janvier 1942, le Préfet du Pas-de-Calais approuve la décision du Conseil municipal lensois de donner à l’avenue de Liévin le nom d’avenue « Alfred Maës ».

   Né à Saint Omer le 15 juillet 1875, Jacques Alfred Wilfrand MAËS est orphelin très jeune. A 13 ans, il part travailler aux mines de Lens où il est embauché à la fosse 2 d’abord puis à la fosse 11. Après son service militaire, il est réembauché à la fosse 1 « Saint Elisabeth ». Il adhère aussitôt au Vieux Syndicat d’Emile Basly et Arthur Lamendin. Il en deviendra rapidement un des leaders, délégué à la sécurité puis responsable du contentieux.

   Devenu conseiller municipal dès 1904, il est élu maire de Lens puis député du Pas-de-Calais en 1928 après le décès d’Emile Basly.

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   On retient surtout du maire de Lens la construction de l’hôpital de la route de La Bassée en 1930 et du responsable syndical la création du dispensaire de la caisse de secours des mineurs sur le boulevard Basly.

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   Maintenu maire au début de la seconde guerre mondiale, ses fonctions lui permettent de réaliser des actes de résistance, notamment falsifier avec son ami Ernest Schaffner, directeur de l’hôpital, des cartes d’identité pour les malades et blessés juifs hospitalisés.

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   Maës connait sa dernière grande grève en juin 1941 : pour protester contre les décisions des Allemands, 80% des mineurs du bassin cessent le travail. Ce sera le dernier grand événement qu’il aura vécu : il décède à Lens le 17 août 1941 après une grave maladie dans sa maison familiale, rue Anatole France. Il est inhumé dans le caveau familial du cimetière de la route de Douai.

   Au moyen âge, à l’emplacement de l’avenue Alfred Maës se trouvait le Grand chemin de Liévin à Lens (en opposition au Petit chemin de Liévin à Lens plus au sud où se trouve aujourd’hui la rue Notre-Dame de Lorette).

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   C’est en 1872 que l’ont voit apparaître le nom de « Route de Liévin » sur les fiches de recensement de la ville de Lens. Elle est composée quasiment en totalité de maisons de mineurs. Depuis une dizaine d’années, elle est traversée aux abords de Lens par la « ligne des houillères », une voie de chemin de fer qui relie Arras à Hazebrouck. Le passage à niveau est gardé par un certain Jean-Baptiste Hugot. Vers la fin du 19ème siècle, le passage à niveau est remplacé par un pont.

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   Au début du 20ème siècle, faisant partie du « Grand chemin n°58 », elle prend le nom sur le territoire de Lens de rue de la Bataille (ou rue du coron de la Bataille) en souvenir de la victoire de Condé. Ce serait en effet par cet axe que les troupes espagnoles se seraient enfuies après leur défaite en 1648 contre le prince de Condé.

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   Après la première guerre mondiale, l’artère est nommée Avenue de Liévin. Ce nom lui restera donc jusqu’en 1942.

   L’avenue Alfred Maës débute au carrefour Bollaert. Son point de départ était marqué d’un côté par le jardin public appelé aujourd’hui square Chochoy et de l’autre par l’immense garage automobile Lallain.

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  Ensuite, l’artère passe sous le pont Césarine….

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…. nommé ainsi (jamais officiellement il faut le dire) en mémoire de la tenancière d’un estaminet appelé « A l’arrêt du Tramway ».

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    Les nombreux voyageurs se désaltéraient au bar de Césarine Hennebois en attendant de prendre le Tortillard qui pouvait les emmener jusque Frévent en longeant au début de son parcours l’avenue de Liévin.

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   La rue de la Bataille, comme tout le secteur, est réduite à l’état de ruines lors de la Première Guerre mondiale.

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   Après la libération, c’est à partir de 1920 que les corons sont reconstruits.

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   Le pont Césarine est reconstruit et élargi pour supporter des voies du triage de la SNCF.

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   Un autre pont en béton armé supporte les voies du chemin de fer des mines de Lens. Il est détruit en 1992.

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   Un peu plus loin se dresse majestueusement la statue d’Emile Basly. Après le décès du maire de Lens en 1928, une souscription est ouverte pour faire ériger un monument en son honneur. Quelques années plus tard, une statue sculptée par Augustin Lesieux représentant Emile Basly dans sa célèbre posture est installée au carrefour Bollaert. Démontée et cachée des vautours allemands qui voulaient en faire fondre le bronze pendant la Seconde Guerre, elle est ensuite déplacée à la jonction de l’avenue de Liévin et la route d’Arras.

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    Pendant plusieurs centaines de mètres, l’avenue longe ces longues barres de corons.

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   Mais certaines habitations provisoires datant de l’après Seconde Guerre, de véritables taudis, perdureront jusqu’au début des années 60.

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   Beaucoup se souviennent que l’avenue a frôlé pendant des décennies les installations de la fosse 9 des mines de Lens et du stade-vélodrome Maurice Garin aujourd’hui disparus dans le cadre de l’arrivée du Louvre-Lens.

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   L’avenue Alfred Maës continue ensuite son chemin vers Liévin en jetant un coup d’œil à la jolie devanture art-déco du temple de l’église évangélique baptiste et en passant devant les écoles privées Sainte-Thérése et du Sacré-Cœur.

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   Juste avant d’arriver à Liévin, l’avenue flirte avec les petites maisons Camus de la cité du 9bis. A la fin des années 50, pour répondre à la pénurie de logements, les Houillères construisent pour les retraités ces maisonnettes selon le procédé « Camus » du nom de l’ingénieur qui a créé le principe. Les « Camus » dits bas comme celles de cette cité sont construites à partir de 1959.

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   Aujourd’hui, l’avenue Alfred Maës est empruntée autant pas les habitués que par les nombreux touristes qui viennent à Lens visiter le musée du Louvre-Lens.

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L’avenue du 4 Septembre

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   C’est au tout début du 20ème que cette rue qui faisait partie du Faubourg de Lille prit le nom d’Avenue du 4 Septembre en souvenir de la proclamation de la 3ème République par Léon Gambetta en 1870. Cette artère était tracée à l’emplacement d’un chemin qui, du temps où Lens était entourée de remparts, permettait de rejoindre les directions d’Arras, Liévin ou Béthune d’un côté à celle de Lille de l’autre sans pénétrer dans la ville.

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   Au début du 19ème siècle, aucune habitation ne semblait construite dans ce chemin. Les paysans venaient surtout s’y procurer de l’eau à l’une des trois fontaines se trouvant sur l’itinéraire.

  Avec le début de l’exploitation charbonnière, la commune s’agrandit vers les plaines de Lens dont celle située au nord. Dès le début de la seconde moitié du 19ème siècle, avec la mise en service de la fosse 2 du Grand-Condé, des commerces se créèrent sur la place du Cantin et aux alentours.

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   L’avenue du 4 septembre faisait partie du secteur appelé le Faubourg de Lille. C’est au début du 20ème siècle que la municipalité dirigée par Emile Basly décida de renommer certaines rues de Lens où le nombre d’habitations avait explosé en quelques années. Ainsi, le secteur du Faubourg de Lille fut découpé et chaque artère, dont l’Avenue du 4 septembre, reçu un nom.

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  A cette époque, l’avenue avait son origine au niveau de la place du Cantin et se terminait à la jonction de la rue Decrombecques.

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   A son extrémité du côté est se trouvait l’usine à gaz qui depuis 1862 fournissait l’éclairage aux lieux publics, aux rues et aux commerces de la commune.

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C’est aussi vers les années 1905 que l’avenue du 4 Septembre fut pavée.

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   Chaque semaine, en même temps que le grand marché de la place du Cantin s’y déroulait le « petit marché » réservé aux producteurs et artisans de la région.

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   Pendant la Première Guerre mondiale, l’avenue du 4 septembre, comme le reste de la ville, fut détruite à 100 %. On y compta de nombreuses victimes comme lors du bombardement du 16 février 1917 qui anéanti l’usine à gaz et de nombreuses maisons de l’avenue en faisant 18 morts.

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   Aussitôt la Libération, des logements provisoires, des demi-lunes de taule sont installés. Ils permettent d’abriter les lensois revenus en ville de leur déportation et les ouvriers chargés de la reconstruction. L’avenue est rouverte à la circulation en 1923.

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   Un accord entre la Société des Mines de Lens et la municipalité permet de prolonger l’avenue jusqu’à la jonction des routes de Béthune et de La Bassée (carrefour des Grands Bureaux). Cette portion portera quelques années plus tard le nom d’avenue Elie Reumaux en hommage au président du Conseil d’administration de la compagnie minière décédé le 28 octobre 1922.

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   Les deux portions étaient séparées par le carrefour Notre-Dame appelé ainsi en souvenir de la chapelle Notre-Dame de Bonsecours qui se trouvait avant la Première guerre à l’emplacement repéré plus tard par une sculpture en plâtre.

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   A l’emplacement de l’usine à gaz (qui fut rédifiée rue de Londres), fut construite l’école Sadi Carnot. Avant le conflit, elle se trouvait à l’angle de la rue de Lille (rue Lanoy aujourd’hui) et la rue Bayard.

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   Au dessus du porche, une belle structure représentant le savoir et l’instruction avec cette phrase : « Exercer à penser », un adage loin d’être toujours appliqué de nos jours à l’heure des réseaux sociaux !

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   A la jonction de l’avenue du 4 septembre et de la rue de Lille fut implanté en 1925 le monument aux Morts qui sera déplacé au rond-point Van Pelt en 1972.

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   Ce n’est que dans les années 70 que l’avenue du 4 septembre fut débarrassée de ses pavés.

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   Aujourd’hui, l’avenue du 4 septembre, tout en restant une artère commerçante, permet de traverser le nord de la ville en évitant le centre. La création de l’avenue André Delelis permet maintenant par cet itinéraire de rejoindre directement le musée du Louvre-Lens.

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